‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 116 sur 394 · Lettres à un ami de collège, 6 octobre 1830, pp · texte numérisé non relu

Lettres à un ami de collège, 6 octobre 1830, pp

4. Lettres de Montalembert à La Mennais, édition Goyau et P. de Lallemand, p. 2.

5. Journal, 5 novembre 1830. (Cité d’ailleurs par P. de Lallemand : Montalembert et ses amis, p. 141.)

6. La première rencontre de Montalembert et Lacordaire est racontée par Montalembert lui-même dans sa biographie de Lacordaire : ©. C., t. IX, p. 400 : « Il était vêtu en laïque (l’état de Paris ne permettant pas alors aux prêtres de porter leur costume) », etc... — Quant à la révocation de Lacordaire, prononcée en même temps que celle de deux autres aumôniers trop remuants à son gré, le duc de Broglie s’en justifie dans ses Souvenirs, t. IV, p. 116-118.

Nourri dans un milieu libéral, ce jeune prêtre avait voulu comme la plupart de ses contemporains « le triomphe définitif des principes de 1789», et l’Église ne s'était longtemps présentée à sa pensée que comme un obstacle. Devenu chrétien il avait compris, dit-il, que cette Église avait « besoin ellemême d’invoquer sa liberté et de réclamer dans le patrimoine commun sa part du droit nouveau ». Renonçant à évangéliser l'Amérique, sur les instances de l’abbé Gerbet, il avait pris place dans le groupe des fondateurs de l’Avenir, espérant avec eux que M. de Lamennais « allait être l0’Connell de la France et obtenir après de glorieux combats l’acte d’émancipation » 1.

Montalembert, retour d'Irlande, vibre parfaitement à l’unisson. Le 15 novembre il élabore avec Lamennais, Lacordaire, de Coux et les hommes du Correspondant un projet d’Association pour l’affranchissement de l'Église catholique. Ce projet échoue ?. Il est repris sous une autre forme et le 10 décembre, Lacordaire propose à Montalembert, de la part du chef, de siéger au Conseil de direction de l’« Association (sic) pour la défense de la liberté religieuse », au lendemain du triomphal acquittement des assises 3.

« L’Avenir c’est Lamennais » 4, assure-t-on. C’est vrai à ne considérer que le rayonnement, la réputation et l’esprit du journal. Mais Foisset peut écrire, non sans parti pris, que Lacordaire âgé de vingt-huit ans, et Montalembert de vingt, tous deux encore obscurs, « furent à eux seuls l'Avenir » 5 en ce sens qu'ils « faisaient à eux deux chaque jour le numéro ». L'on pense bien que ce n’est pas œuvre purement matérielle.

Gerbet, âgé de trente-deux ans, avait, les trois premiers mois, animé l'Avenir. Quand ils étaient réunis le soir dans les bureaux de la rédaction, de Coux, Lacordaire et lui, obligés de répondre sur l’heure à des attaques qui leur arrivaient de toutes parts, ayant en même temps à défendre leur foi contre

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