ACTE D’UNION
Nous reconnaissons les principes suivants comme formant la base de tout gouvernement constitutionnel qui n’est point fictif.
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La partie spirituelle de la société doit être affranchie complètement de l'intervention du pouvoir politique. En conséquence :
1° La liberté de conscience et de culte doit être entière, de telle sorte que le pouvoir ne s’immisce, en aucune manière et sous aucun prétexte, dans l’enseignement, la discipline et les cérémonies du culte.
2° La liberté de la presse ne peut être entravée par aucune mesure préventive, sous quelque forme que cette mesure se produise.
3° La liberté d'éducation doit être aussi complète que la liberté des cultes dont elle fait essentiellement partie, puisqu'elle n’est comme celle-ci qu’une forme de la liberté même de l'intelligence et de la manifestation des opinions.
4° La liberté d'associations intellectuelles, morales, industrielles, repose sur les mêmes principes et doit être sacrée aux mêmes titres.
Relativement à chacune de ces libertés, le droit et le devoir du pouvoir constitutionnel consistent uniquement à réprimer les crimes et les délits qui attenteraient matériellement soit à la jouissance entière et égale pour tous de ces mêmes libertés, soit à quelque autre droit civil ou politique des citoyens.
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Par cela même que la partie spirituelle de la société doit être affranchie complètement, l’action du pouvoir constitutionnel ne peut s'exercer que dans l’ordre des intérêts matériels, et dans cet ordre nous admettons qu’il faut tendre à un état de choses dans lequel toutes les affaires locales seront librement administrées en commun par ceux qui y sont intéressés, sous la protection du pouvoir destiné dès lors uniquement, quelle qu’en soit la forme, à maintenir l'unité pouitique, l'harmonie entre les diverses administrations particulières, à pourvoir aux intérêts généraux et à la défense extérieure de l’État.
Et comme la société, dont la justice est la base, ne peut faire des progrès réels que pour un plus grand développement, une application plus étendue de la loi de justice et de charité, nous admettons que l’on doit aussi tendre incessamment à élever l'intelligence et améliorer la condition matérielle des classes inférieures, pour les faire participer de plus en plus aux avantages sociaux.
Nous nous engageons à concourir de tout notre pouvoir à la défense de ces principes constitutionnels et au maintien des libertés ci-dessus énoncées ; à user de nos droits civils et politiques dans ce but, nous promettant réciproquement à cet égard aide et secours par tous les moyens légaux et adhérant avec une résolution ferme aux présents actes d'union. .
En foi de quoi nous y avons apposé notre signature.
Les membres du Comité de rédaction de l'Avenir.
L'Avenir ne semble pas avoir entrevu le danger d'une guerre générale. Les Puissances craignaient, à l'opposé, que 1830 ne fût comme 1702 « la rupture d’une digue » 1: Cette psychose même était dangereuse et pour l’apaiser il convenait que le gouvernement de Juillet fût d’une grande prudence. Car la guerre aurait tourné en catastrophe. Au risque de mettre le feu aux poudres, l’Avenir prêche la croisade-romantique, pour la Liberté beaucoup plus que pour la gloire du drapeau tricolore contrairement à un Carrel par exemple.
Conformément à ces principes de l’« acte d’union », l'Avenir mène de vigoureuses campagnes en faveur de la Pelgique, de l'Irlande, de la Pologne, campagnes dans lesquelles brille Montalembert. D'ailleurs, pour garder contact régulier avec l'Occident, les rédacteurs de l’Avenir se le partagent : à Lacordaire la Suisse et l'Italie ; à Montalembert l’Allemagne et l'Irlande, la Pologne et la Suède ; à de Coux la Belgique et les États-Unis d'Amérique. La première page de chaque numéro est consacrée à une longue rubrique « politique extérieure ». Les délibérations du Congrès belge, les nouvelles de la guerre polonaise y sont données en détail. C’est que « en Belgique et en Pologne la révolution s’est faite chrétienne » — à l'inverse des mouvements d’Italie et d'Espagne ?.