‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 128 sur 394 · OU $ © D H · texte numérisé non relu

OU $ © D H

Attaque, pour la même raison, contre le gouvernement aussi bien en politique intérieure qu’en politique étrangère. La Monarchie de Juillet aurait trahi ses origines. Elle attenterait aux droits des citoyens et se refuse à être en Europe le champion des peuples. L’Avenir précise que son attachement à la révolution de Juillet est un attachement aux principes de liberté et non pas aux hommes de Juillet. Il se défend d’être illogique en combattant les membres du gouvernement ou de l’opposition quand ils oublient ces principes !. Attaque donc, le 29 octobre 1831, contre Montalivet qui « refuse la liberté d’enseignement ». Attaque, le 22 octobre, contre un projet de lois d'exception, etc..…., etc. Attaques d’autre part contre la politique sociale du ministère (sous Laffitte) qui gouverne au bénéfice d’une seule classe : la bourgeoisie industrielle et financière. Les ouvriers sont nerveux, écrit l’ Avenir, et déçus de ce que la révolution n'ait pas amélioré leur état. « Diminuez les bénéfices exorbitants du capitaliste afin que l’ouvrier trouve du pain, assurez l’existence de l’ouvrier afin qu’il y ait sécurité pour les capitalistes. » ?.

L’Avenir se laisse porter, par son amour de la Belgique et surtout de la Pologne malheureuse, à railler ou injurier le gouvernement « de juste milieu » qui se dérobe à de folles entreprises. Manque de réalisme si, comme il paraît, l’Avenir ne veut pas simplement avec l'opposition de la Chambre susciter des difficultés à Casimir Périer. On verra à quel point cet amour de la Pologne anime Montalembert, de même que son libéralisme et sa pitié guident son appréciation de l'insurrection lyonnaise.

Si l'Avenir félicite à l’occasion le gouvernement — notamment de sa fermeté lors du procès des ministres %, et ceci contraste avec le ton de Montalembert cinglant au Correspondant le « gouvernement des écoliers » — le fait est rare ; la critique constante. Par exemple, Casimir Périer, accueilli le 18 mars par une courtoise sommation d’allier ordre et liberté, est trois mois après jugé vacillant et congédié en ces termes:« M. Périer.… quittera les affaires comme il y est entré, avec fermeté

Page 1