Avenir : 23, 24 et 25 décembre
et courage. Malheureusement c’est une fermeté qui ressemble
à de la colère, un courage qui se change en passion 1 ». Talleyrand ? «un homme qui a servi tous les régimes et que tous les. régimes ont flétri » 2. Cette définition du négociateur de la Conférence de Londres, Montalembert l’eût signée qui, le 19 septembre 1830, écrivait sur la nomination du nouvel ambassadeur à Londres : « J’en ai rougi pour la France et le parti modéré » 5 ; jugement plus sentimental et moral que politique.
Certaines imputations de l’Avenir à l'égard du roi et de ses ministres, imputations dont Montalembert reconnaîtra plus tard l'injustice 4, émeuvent le gouvernement. Il intente un procès à Lamennais et à Lacordaire 5. Des exaltés sont toujours gênants. Montalembert l’éprouve, que la majorité des pairs juge « fanatisé » lors du procès de l’école $.
Cependant ces deux procès sont des succès : Le premier par l’acquittement des deux prêtres, par la retraite du gouvernement dans l'affaire de l’évêché de Beauvais ? ; le second par l’écho amplifié résonnant plus d’un siècle chez les catholiques français. Sur un point de moindre importance, Montalembert accuse l’avantage suivant, dans son Journal, à la date du 19 janvier 1831 :
M. Fontaine que j'ai vu au Palais m'a dit que c'était à cause de mon article sur Les Tombeaux du Calvaire $ que le gouvernement
Avenir : 27 juin 1831.
. Avenir : 1®T juin 1831.
. Lettres à un ami de collège, p. 270.
OC TA p.400:
. Les deux auteurs avaient invité l’épiscopat françaisà repousser les premières nominations faites par Louis-Philippe : l'abbé Guillon (qui avait donné l’extrême-onction à Grégoire), au siège de Beauvais, M. Rey, dont on reparlera, à Dijon, et M. d’Humières, à Avignon.
6. Lecanuet, t. I, p. 247. Sur l'affaire de l’école libre, voir infra, p.165.
7. Retraite dont, à vrai dire, la bruyante indignation de l’Avenir ne fut pas seule cause ! Dans l’audience du 17 février 1837 le Pape assurera Montalembert de la délicate conduite de Louis-Philippe en la circonstance.
8. Avenir : 11 janvier 1831. O. C., t. IV, pp. 168 sq. Protestation contre l'ordonnance du 25 décembre 1830, contresignée Mérilhou, qui disposait du terrain parisien dit du Calvaire, occupé « illégalement » par une société de prêtres.