‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 148 sur 394 · Dudon : Lamennaïis et le Saint-Siège, P · texte numérisé non relu

Dudon : Lamennaïis et le Saint-Siège, P

. J'apprends du D' Boylan, supérieur du Collège irlandais... que S. M. l'Empereur de Russie a adressé deux notes au Souverain Pontife depuis la suspension de l'Avenir pour l’engager fortement à désapprouver ce journal, attendu selon lui que le parti de l’Avenir menaçait de devenir la sixième grande puissance de l’Europe et de rompre ainsi la balance politique, attendu surtout que, sans parler de la révolution de Belgique, il attribuait à l'Avenir, sinon la révolte de la Pologne dans son origine, du moins sa persévérance et le caractère religieux de la lutte.

Le cardinal de Rohan, toujours bienveillant à l'égard de Montalembert, ne peut lui laisser tout à fait ignorer les pressions de l’épiscopat français et d'hommes comme l’abbé Dupanloup en faveur d’une censure des « doctrines de schisme, d’orgueil et de liberté effrénée » 1,

Le Journal enregistre aussi des bruits moins favorables touchant l'opinion de Grégoire XVI sur Lamennais et ses amis. Du regret affiché par Montalembert de n'avoir pas combattu contre Charles X aux journées de Juillet, on conclut qu'il est carbonaro ! Rassure-t-on au contraire le Pape en lui indiquant le but des « pèlerins » : remettre le Saint- Siège à la tête de la civilisation européenne, le Saint-Père s’écrie : « Ah ! mon Dieu, ce sera la fin du monde !.… »?.

Lacordaire sent la partie perdue ; il quitte Rome, et cette

scission endolorit cruellement Montalembert. Auparavant ils avaient été reçus par le Saint-Père, paternellement, sans obtenir d’ailleurs un mot sur l'affaire. Mais tandis que Lacordaire a compris ce silence, Montalembert écrit : C’est bon signe de n’avoir pas reçu (du Pape) la plus petite marque d’improbation. C’est, ajoute-t-il, un bon et excellent vieillard d’une simplicité vraiment admirable et d’une piété angélique. Du reste, notre affaire va assez bien. Il y a eu un assez grand revirement en notre faveur chez tout le monde. Nous ne doutons point qu’en définitive l'issue ne nous soit favorable, mais Dieu sait quand issue il y aura $.

Les Romains s'entendent à embrumer d'illusions. Trois prélats, écrit le 2 juin 1832 Montalembert à Lacordaire, trois pré-

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