‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 151 sur 394 · Œuvres complètes de Lamennais, t. XII, p · texte numérisé non relu

Œuvres complètes de Lamennais, t. XII, p

5. Correspondance de Montalembert et de L. Cornudet. Lettre de Montalembert : 16 septembre 1832, p. 71. Cornudet lui fait écho dans sa réponse en parlant de Mirari comme d’un « monument de démence » (Tbid., p. 73).

6. Lettre inédite : 4 septembre 1832. — Archives de la famille de Dumast, à Nancy.

7. La liquidation exigea un certain temps. Montalembert tenant Lamennais au courant lui manda le 17 décembre 1832 « qu'il arrêterait au premier janvier les opérations de l'Agence et espérait un excédent de mille francs ». — « Quant à l'Avenir, lui écrivait-il le 23 janvier 1833, on ne s’en tirera qu’en déclarant MM. Waille et Harel en fail-

Jugeant, trente ans après, toute cette affaire, Montalembert confessera deux torts : d’avoir joint, dans l'Avenir, à des idées neuves mais justes «des théories excessives et téméraires», puis d’avoir soutenu les unes et les autres « avec cette logique absolue qui perd toutes les causes qu’elle ne déshonore pas 1 ». Il reconnaît aussi une faute ? : ce voyage à Rome qui obligea Grégoire XVI à trancher. L'absence de réalisme a été le vice foncier de l’action de l'Avenir. Les yeux fixés sur un objectif en partie seulement chimérique, Lamennais et ses seconds ont buté puis se sont écrasés sur les obstacles les plus visibles. C’est en journaliste extrémiste, dédaigneux des contingences, que Lamennais a traité de la politique gouvernementale comme de l'attitude de la hiérarchie religieuse, à laquelle ce genre déplaît souverainement.

Cette expérience sévère servira à Montalembert : il aura des alliés dans l’épiscopat, Mgr Dupanloup particulièrement... qui à Rome vient de pousser à la condamnation de l'Avenir.

« Théories excessives et téméraires. » Elles furent un cas particulier de l’état général de la France — pour ne parler que d’elle — : bouillonnement d’idées, anarchie intellectuelle et anarchie politique qui sont synchrones, vague sentimentale, provoqués par la commotion de 1830. L’Avenir n’a pu échapper à la contagion des miasmes contemporains. Il n’est pas indifférent que Montalembert les ait respirés. « Un vent de messianisme révolutionnaire souffle sur tous ceux qui tiennent une plume... Lamennais prêche d'exemple, il se grise comme d’un vin nouveau du mot de liberté, mot fiévreux et trouble qui peut couvrir — il aurait dû le savoir et simplement se souvenir — les pires excès, et qu’il se garde bien de définir » 3. Si jeune, si possédé d’idéal, comment Montalembert aurait-il été plus réaliste ?

« Théories excessives et téméraires » : elles eurent pour

lite ; il faudra avouer un passif de quarante mille francs dont on pourra se justifier. » Le 12 mai il peut lui annoncer la fin de la liquidation. (Lettres de Montalembert à La Mennais, publiées par Goyau et P. de Lallemand).

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