‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 178 sur 394 · OC CAN TD · texte numérisé non relu

OC CAN TD

des premiers germes des doctrines néfastes de la suprématie du temporel, appliquées par les Louis XIV, les Napoléon. Répugnant à la primauté du spirituel, il publie par la plume de Pierre Des Vignes, son chancelier, «que de droit il appartient à l'Empereur de régir les affaires divines et humaines » *.

Saint Louis figure, au contraire, « le personnage peut-être le plus accompli des temps modernes » ?. Montalembert admire sans réserve en lui le sens scrupuleux de la justice, qui le constitue arbitre suprêmement juste des grands. procès du temps, voire entre le Pape et l'Empereur ; cette conscience qui lui dicte, sur son lit de mort, « ses mémorables Instructions, les plus belles paroles qui soient jamais sorties de la bouche d’un roi» 1

Loin d’exclure la bravoure, la foi anime les chevaliers à se battre et à mourir sans peur pour les justes causes, pour la plus juste, la conquête de la Terre Sainte ou la défense contre les Maures. Le mystère de la croisade attirait les âmes si puissamment qu’un preux ne pouvait s’y dérober. Arracher le tombeau du Christ aux infidèles et les agenouiller devant la croix, cet idéal qui entraîne saint Louis, le duc de Thuringe et Frédéric lui-même, emporte à son tour Montalembert par son cœur et son imagination à cent lieues du libéralisme intégral $.

Il justifie même vigoureusement le châtiment des Albigeoïs « agresseurs contre la loi commune » ; tout en déplorant la cruauté de la lutte, il constate bonnement : « l’on n’a pas encore, que nous sachions, trouvé le moyen de faire la guerre, et surtout une guerre de religion, avec indulgence et aménité 4 ». L’envahissement pacifique par les deux armées de saint Dominique et de saint François ébranle au même siècle l’Occident. Montalembert, à l'étude de cette conquête, est transporté d’une ardeur 5 qui révèle le futur auxiliaire de Lacordaire et de Guéranger, le défenseur de Ravignan.

Page 1