‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 182 sur 394 · De Savigny, op. cit., pp · texte numérisé non relu

De Savigny, op. cit., pp

mule pas les crises qu’ils traversèrent, il leur attribue trop généreusement une activité triomphale. Certes, sans l’Église, ni assistance ni enseignement, mais avec l'Église relativement «peu. De nombreux clercs même croupissaient dans une ignorance désolante, et le peuple chrétien bien plus encore, malgré le rayonnement des moines, mendiants surtout.

Reste vrai que le christianisme inspirait, soutenait, profondément le Moyen âge. Tous les gens étaient baptisés, et pour un catholique ce simple mot évoque des infinis spirituels. Sur un plan moins élevé, il reste vrai aussi que la féodalité était une forme sociale évoluée naturellement, sainement, adaptée aux conditions économiques et politiques, psychologiques et religieuses du temps. La justice exigeait qu’on étu- -diât le Moyen âge avec cette compréhension recommandée par Herder, éloignée de l’ignorant mépris que les bourgeois voltairiens professaient pour les siècles d’obscurantisme ! Montalembert a exagéré dans l’autre sens, en toute loyauté, par romantisme, préférant sans doute avec Chateaubriand « la critique féconde des beautés à la critique stérile des défauts ».

Ainsi l’hagiographe nous livre son idéal politique : supré- -matie du spirituel, la religion catholique source unique d’énergie des organisations humaines, politiques en particulier. Affligé du naturalisme qui les régit présentement, Montalembert se complaît dans le rêve de la chrétienté. Regret platonique, regret poétique ? Non pas, et c’est précisément ce qui nous intéresse ici : sa résolution est sous-entendue de passer à l’action. « Ce n’est. pas la stérile comtemplation du passé, ce n’est pas le dédain n1 le lâche abandon du présent que nous prêchons ». Montalembert se dit « un soldat combattant sur des plages lointaines (qui) s’enflamme au récit des batailles que ses aïeux y ont gagnées ». Il ne remue pas « des œuvres à jamais éteintes ». Les principes par lesquels l'Église vivifie les institutions humaines sont immortels comme elle 1.

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