‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 184 sur 394 · Voir ci-dessous, appendice p · texte numérisé non relu

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La monarchie a gouverné sans la noblesse et souvent contre elle ; elle a réduit son rôle social jusqu’à l’annuler au lieu de laisser s'épanouir sa puissance, telle celle des lords.

De cette ruine les rois sont pour partie responsables et Montalembert ne leur pardonne pas :. Peut-être la perte de l’influence politique de la noblesse l’irrite-t-elle moins encore que le procédé employé : cet abaissement des chevaliers en courtisans. Car,en lui coule le sang de ce gentilhomme de la chambre de François Ier dont ses contemporains assuraient qu'il était « plus propre à donner une camisade à l’ennemi qu’une chemise au roi » ?.

Mêlant bien mal à propos la religion à cette querelle — qui moins que lui est capable de délimiter le domaine de la science politique ? — Montalembert formule sa critique dans la défmition suivante :

Le gouvernement d’un homme qui prétend agir pour tous, parler pour tous, penser pour tous : voilà l’idéal du paganisme tel qu'il a été réalisé sous l’empire romain. Le Moyen Age chrétien était fondé sur la négation complète et absolue d’un pareil état de choses. Depuis la Renaissance, quelques rois de l'Occident, Louis XIV en tête, ont pu en rêver le retour sans l’avoir accompli. La Russie en est l’idéal moderne *.

L'ancien régime, la monarchie, serait un acheminement vers le despotisme, sous l’influence des légistes et du droit romain. Je repousse l’Ancien Régime, écrit Montalembert, il n’y a « pas en France un homme plus antiroyaliste que moi #». Cette antipathie pour la monarchie absolue fut congénitale chez lui, et assez peu raisonnée comme d’habitude. Un chapitre,suivant 5 établira à propos de l'aristocratie à quel point cette thèse des rois niveleurs, centralisateurs, est chevillée au cœur de Montalembert. Vigny, dans Cing-Mars,

r. Voir ci-dessous, appendice, p. 522.

2. Rapporté par Cuvillier-Fleury : Discours prononcés dans la séance publique tenue par l’Académie Française pour la réception de M. le duc d'Aumale, p. 61.

3. Cité dans la Revue Générale (Bruxelles), t. XCV, p. 339. (Mars 1912).

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