Voir infra Pièces jointes, p
des républicains : et des folies du légitimisme » ?, Aucun lien spécial d’affection ni de gratitude personnelle n’attache Montalembert à la branche cadette. C’est la France qu'il sert, «quel que soit son drapeau et son chef du moment », dès lors que ce chef ne contrarie pas la conscience du chrétien ni la confiance du patriote.
Aucun lien non plus ne saurait le retenir parmi les légitimistes. Si les Bourbons s'étaient maintenus par un gouvernement sage, il les eût servis, sans idolâtrie, « avec le zèle et le dévouement qu’on doit à ses supérieurs ». Déchus par leur faute ils ne sauraient revendiquer la France, et les Montalembert en particulier, comme leur patrimoine. Bien plus, Montalembert regarde les Bourbons « comme les pires ennemis de la noblesse française (excepté Henri IV et Louis XVI)», car ils l’ont massacrée sous Louis XIII, étouffée, humiliée sous Louis XIV, dégradée, énervée sous Louis XV. Les Montalembert ne leur doivent rien : le marquis de Montalembert, célèbre en Europe par son traité des fortifications, fut disgracié ; le baron, grand-père de Montalembert, mourut avant d’être récompensé ; le comte Marc-René fut, à la Restauration, nommé seulement troisième secrétaire d’ambassade. et destitué en 1820 pour sa franchise. Montalembert va jusqu’à nier que sa pairie soit le fait de la bienveillance des princes : Decazes avait besoin d’une « fournée libérale », voilà tout. « C’est donc, ajoute Montalembert, à son attachement au gouvernement représentatif que mon Père a dû cette distinction » ; il l’a prouvé en comprenant et en adoptant la révolution de-Juillet, quoi qu’il lui en coûtât.
Certes, préférer Henri V à Louis-Philippe paraît fort naturel à Montalembert, sinon politique, mais il s’élève avec véhémence contre « ce qu’on appelle la légitimité » et plus encore la prétention d'imposer ce faux principe « comme un article de foi ». Depuis longtemps d’ailleurs il gardait rancune à cette erreur.
1. Cf. Vigny : « Quand tout craquait sous nos pieds, mieux valait construire à la hâte une royauté bâtarde que de laisser crouler la nation en ruines pareilles à celles de la Terreur » dit Vigny en 1831 (cité par Flottes : La pensée politique et sociale d'A. de Vigny, p. 109).