Tbidem, infra p
toute romantique qui enrobe sa terminologie politique. Par son parfait dédain de l’antiquité, Montalembert échappe de justesse au reproche d’être, comme Rousseau et les gens de la Révolution, dupé par les apparences démocratiques des cités antiques, car il vilipende au passage les empereurs romains, produits et idoles de la démocratie victorieuse de Rome :. Lacordaire, dans sa lettre du 9 octobre, remarque que démocrabe est substantif équivoque qui exprime mal « la situation sociale du peuple français ». N'importe, la démocratie intégrale, pour Montalembert, c’est le despotisme du nombre, le jacobinisme sanglant, l’anarchie révolutionnaire, vers quoi, craint-il, le destin mène la France. Ceci par l'intermédiaire de la démocratie larvée, c’est-à-dire l’état actuel (1830-1840) de la société française : médiocrité bourgeoise, « médiocratie » dira Balzac, égalitarisme envieux, nivellement et centralisation permanents, matérialisme ploutocratique, esprit borné dans la probité même et le libéralisme toujours égoistes ?, état qui prête merveilleusement aux sapes républicaines.
Quant aux champions de la démocratie, Montalembert n'entend nullement classer sous ce drapeau
ceux qui sont nés hors de la noblesse ancienne, mais bien ceux qui, quelle que soit leur origine, ont travaillé ou travaillent encore à l'abolition de toute hiérarchie sociale et de toute tradition historique. La naissance ne fait souvent rien à cela : le marquis de La Fayette et le comte de Mirabeau, gens de la plus haute naissance, ont été les plus fougueux démocrates.
(Suit l'opposition à Chatham, Thiers et autres plébéiens aristocrates #).
Ceci posé, tirons des trois lettres sur l'aristocratie les éléments d’une critique de la démocratie.