lbidem, infra p. 522. | Da
6. Exception faite, précise Montalembert, pour certaines régions de la montagne et du Midi.
davantage de mœurs. Le gain, le lucre, voilà le but unique vers lequel sont tendues toutes les forces, et au delà duquel les gens n’espèrent rien. Le matérialisme étouffe si bien non seulement la poésie mais la conscience même d’immortalité semée dans chaque âme, que les populations rurales évoluent vers la barbarie la plus ignoble. Sauf intervention providentielle, « nos paysans tomberont de plus en plus à l’état de brutes savantes, car, s'ils ne croient plus, en revanche ils savent tous lire et chiffrer » 1. Qui charger de la responsabilité de ce désastre ? Montalembert le demande auxcurés de village. Ils accusent le journal démocrate, les notables démocrates, médecins, avocats, notaires, qui affichent le plus grand mépris pour la religion, et plus encore les patrons démocrates de ces usines où la main-d'œuvre ‘du voisinage est exploitée, pervertie dès l’enfance. Car « tous ces myrmidons de l'intelligence se posent fièrement comme les représentants du progrès, comme les dépositaires de la raison humaine et les bienfaiteurs de l’humañité » ?, ils dirigent les masses alors qu'ils ignorent grossièrement l'essentiel, les vraies valeurs. C’est proprement «infernal ». |
Bref, écrit Montalembert à Lacordaire, tu résumes admirablement l'horreur que m'inspire la société actuelle ; elle a détruit la corporation, l'Église et la famille ; elle n’a laissé subsister que l'individu et l'État. (A titre d'exemple, Montalembert aurait pu donner l’adoption par la Chambre des députés, en 1831, d’un projet favorisant le divorce).
Si l’on remonte à l’origine de ce fait, on voit que les progrès de la démocratie l’ont seuls engendré au point que celle-ci et l'état de choses sont aujourd’hui identifiés en France comme partout 3, Cette accusation sans restriction déborde la réserve que précédemment Montalembert formulait. Le synchronisme des développements de la démocratie d’un côté, de l'impiété et de la démoralisation de l’autre, Montalembert se gärdait, assurait-il alors, de le transformer en relation unique de cause à effet. Il admettait d’autres causes, tout en
1. Première lettre sur l'aristocratie, infra p. 523. ° 2. Tbidem.