De la Bigne de Villeneuve : ..…. la dérogeance.…., P
3. J. Bardoux : La politique anglaise. KR. D. M. : 1er août 1932.
4. Lettre à l’abbé de Montalembert, infra en appendice, p. 513.
ils perdent grâce à la « philosophie » la foi en eux-mêmes. Tout est emporté par les jalousies égalitaires déchaînées. Voilà de quel prix la France a payé la destruction de son aristocratie.
Vainement espère-t-on une renaissance quand la Charte à l'anglaise établit, en la Chambre des pairs, l'équivalent de la House of Lords. La noblesse française n’est pas entraînée, les pairs ne sont pas préparés à diriger le gouvernement. La jeune sève parlementaire anime seulement la Chambre des députés. L'on assiste à l’effacement progressif de la Haute assemblée, réduite à peu sans avoir jamais été grandchose. La suppression de l’hérédité l’atteint grièvement. Pour porter ce coup, le roi et les bourgeois s’ailièrent une dernière fois, ceux-ci par phobie de l’inégalité, de la féodalité, celui-là pour avoir en mains un Sénat docile. Montalembert voyageait vers Rome quand le 29 décembre 1831 fut votée l'abolition de ce privilège survivant, grâce à une « fournée » de pairs et malgré l'opposition préalable de gens comme Guizot, Thiers, Rovyer-Collard. Les nominations successives n’amenèrent pas à la Chambre des pairs une sélection d'hommes de valeur, politiques éprouvés, notabilités régionales, capitaines d’industrie. Sans initiative, elle se contenta d’enregistrer. Flatté de figurer parmi les pairs et constatant le travail certain fourni par ses collègues, décidé à ne pas déserter son poste de combat, Montalembert qui, à l’Avemir, sous l'influence de Lamennais, avait saisi l’inanité du rôle des pairs, voit après 1835 moins lucidement cette déchéance. Il réagit surtout “contre les « fournées » indignes. Néanmoins, révolté par la suppression de l’hérédité, il suppute la portée de la faute et s'il croit à l’activité de ses collègues il ne s’illusionne point sur la disparition de l'aristocratie française désormais artificielle et impuissante, caste historique à laquelle fortune ni mérite ne permettent plus d'accéder. Depuis la Révolution, et avant, la noblesse ne fournit même plus les cadres de l’armée. Alfred de Vigny, amer, la dit une « race aujourd’hui rayée du livre de vie»: et Montalembert, mélancolique: «le château ne se relèvera pas » 2.