‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 211 sur 394 · Première lettre sur l'aristocratie, infra p · texte numérisé non relu

Première lettre sur l'aristocratie, infra p

Que l’hérédité caractérise essentiellement l'aristocratie, Montalembert s’attache ardemment à le démontrer à Lacordaire :

vouloir comme toi une aristocratie sans hérédité c’est contredire l'expérience et l'instinct du genre humain... l’hérédité tient aux entrailles de la société parce qu’elle est la base de la famille. C’est sur elle que sont fondés depuis le commencement du monde les trois faits fondamentaux de la société: la famille, la propriété et la ‘royauté 1.

La nature invite un père à transmettre à ses enfants son nom et ses biens, son influence et son rôle social. Elle désigne par là l’hérédité comme une base du pouvoir politique. Celuici est élevé 1pso facto « à la dignité d’une chose de famille » au heu d’être « la proie éphémère de l'intrigue et de la médiocrité », et la famille progresse de l’état privé à l’état public. L'individu tend par là à l'illustration de sa race. Son effort ‘ se prolongeant en ses descendants au service du pays, la société y gagne doublement : le père met plus de cœur à l’ouvrage et le sentiment de solidarité traditionnelle, que renforce l'éducation, valorise les fils ?.

Est-ce donc un si beau progrès que de parquer l’ambition, le talent, la gloire, dans l’égoïsme individuel, de les faire mourir avec l'individu au lieu d’en faire une substitution et un dépôt pour l'avenir :.

« Tout concentrer dans la vie d’un individu » réduit son action ; et la société perd à cette brièveté, à cette mobilité.

Comme la fortune, la propriété, et mieux qu’eiles l’hérédité donne à l'aristocratie l’indépendance. Plante précieuse que Montalembert cultive avec une dilection passionnée. Quelle force il puise dans sa faculté de ne rien devoir au Roi des Français, de ne pas être livré à la merci des électeurs |

Au cours des âges il apprécie cette indépendance des nobles

Page 1