‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 220 sur 394 · Nouvelle correspondance inédite de Tocqueville, p · texte numérisé non relu

Nouvelle correspondance inédite de Tocqueville, p

2. Cet exemple est pris au hasard pour ne pas développer un thème qui mériterait un volume. Du moins peut-on citer aussi ces lignes de M. R. Dautry, qui jettent une vive lumière sur le problème. Il loue : « ... cet admirable esprit civique anglais qui se charge de veiller aux intérêts communs... Avec un public aussi averti de ses propres intérêts, la loi n’a sans doute pas besoin de revêtirla précision extrême que nous, Français, recherchons généralement, poussés par le sentiment obscur qu’elle est indispensable pour ordonner et limiter nos initiatives.. »

entre provincialisme et fédéralisme 1. Rien de précis, rien d’immédiatement pratique n’est tiré de ces considérations. Il ne cherche pas, positif, quel gouvernement est le plus proche de la perfection — voire selon la norme libérale et aristocratique — hic et nunc. Moins qu’un autre il saisit que, chez les Français vifs et bavards, légers et légistes, égalitaires et grisés par deux révolutions, abusanit de la liberté politique et la perdant avec la même absence d’esprit civique, les institutions britanniques périront ou dégénéreront ; qu’il faut un autre cadre pour valoriser les qualités de la race.

Montalembert est aveuglé aussi par le fatalisme. Si la patine du temps dore à ses yeux les siècles des cathédrales, il tient le passé pour mort et pour majeure, politiquement, l’humanité. Il sent impossible à retenir la poussée démocratique. Le malaise décrit plus haut. provoqué par l’imprécision de la Charte, les mœurs politiques malsaines, le matérialisme bourgeois, étouffe Montalembert. Certes, vibrant, il réagit en faveur d’une politique de grandeur et de liberté, mais 1l se refuse à toute construction d’ensemble. À quoi bon ! répondrait-il, sans cacher son amertume et son dégoût ?.

Ou plutôt Montalembert répéterait l'ordonnance du Dr Noir selon qui, par le raisonnement appliqué au choix du pouvoir, l’on n'arrive à rien. « Suivez votre cœur ou votre instinct, commandait-il à Stello. Soyez (passez-moi l'expression) bête comme un drapeau » à.

1. Cf. notamment lettre inédite à Guerrier de Dumast : ro août 1835. Archives de la famille de Dumast, à Nancy. ‘ 2. Lettres à ses amis, passim.

A 3. Stello, p. 246.

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