‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 222 sur 394 · Stello, pp. 10 et · texte numérisé non relu

Stello, pp. 10 et

3. Inédit. À. L. R. — Dossier 115. Pensées catholiques et politiques (1832-1833).

4. Montalembert à Michelet : 4 novembre 1837. R. D. M. : 1°r novembre 1924, p. 185.

Il importe selon Montalembert de ne pas la compromettre avec les régimes qui passent.

C'est pour cette raison qu’il applaudit à la révolution de Juillet qui a cassé le lien solidarisant l’autel avec le trône. Pourquoi avoir « l’air de croire que le Grand Dieu éternel et son Église, à qui il a promis l’immortalité, ont besoin de la protection d’une famille mortelle » ? Le sacre de «l’Usurpateur » n'avait donc pas suffi à montrer que les Bourbons n'étaient pas considérés par le Vicaire du Christ comme les seuls dignes de régner en harmonie avec le Saint-Siège ? Et est-ce à eux « conjointement avec l’Église que Notre- Seigneur avait promis que les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre eux » 1 ?

Pour le même motif, Montalembert garde vis-à-vis de la Monarchie de Juillet une réserve étudiée. Jamais son attitude ne fut plus calculée. Il s’est félicité du changement de dynastie du point de vue politique. Il ne sera nullement gêné de s'afficher l’ami de la nouvelle monarchie. Il s’affrmerait tel, dit-il, le Pape en serait-il « l'ennemi déclaré pour des raisons politiques », car il ne voit nullement — admirons sa ferme indépendance —- « qu’en matière purement politique les opinions ou les préférerices du Chef de l’Église doivent déterminer celles des simples fidèles » ?. Comme Grégoire XVI lui a témoigné au contraire, en termes mémorables, sa satisfaction du respect du Roi des Français pour la conscience pontificalé *, nul conflit intime n’empêchera Montalembert d'exprimer cette amitié pour le régime de fait, auquel l’Église invite généralement à se rallier. Cependant si le pair de France pouvait sans difficulté l’adopter hautement, quelle figure prendre en tant que catholique face à la Monarchie de Juillet ? La soutenir chaudement convenait au tempérament de Montalembert, assez enflammé par les directives reçues de la

1. Montalembert à son oncle, lettre publiée en appendice, p. 515.

Page 1