Journal : 11 février
3. Montalembert à Rio : 25 janvier 1838 ; cité par Sr. C. Bowe : F. -Ri0, p. 170.
4. Le 27 juin 1830 Montalembert songeait à cette carrière, si l'on en croit son Journal à cette date.
5. Lacordaire à Montalembert : 11 décembre 1832 ; cette lettre magnifique est citée in extenso par Mile de Lallemand : Montalembert el ses amis..…..., PP. 204-207.
plusieurs pairs ou députés dont Pasquier et le duc Pecazes. Molé l’avait même étonné par son empressement : Pagès de l'Ariège, Lamartine, de Sade, Janvier, s'étaient intéressés à lui. Le duc de Broglie, seul, lui avait battu froid, peut-être en souvenir du procès de l’école libre ?. Guizot, qu’il n'avait pas revu depuis cinq ans, l'avait traité avec bienveillance et cherchait à le «mettre bien avec les hommes de tous Les partis sans faire aucune concession de conviction ». Dans une lettre de Skrzynecki, datée du 15 décembre 1835, Montalembert avait souligné ces deux commandements de son « conver- HeSeur »°,:
— Se vouer à la patrie uniquement pour Dieu et par Dieu.
— Se préparer à la tribune politique, ce sacerdoce.
En effet, préoccupé vivement par le sentiment religieux, le cœur du jeune pair n’est pas absorbé par lui dans la contemplation du divin ou le culte ascétique des vertus privées. Montalembert n’est pas détaché des affaires, des intérêts, des plaisirs même de la terre. Il se mêle par goût, par destinée, à la vie publique. Il tiendra pour « admirablement juste » la critique de Tocqueville à l’adresse de ceux que la passion religieuse rend citoyens inutiles et dangereux 4. Cependant restera-t-1l dans l’arène parlementaire ? Il s’y trouve seul de son espèce entre les légitimistes et les soutiens de Louis-Philippe, parmi de nombreux déistes ou sceptiques à la mode du xvrre siècle 5. Il aspire vainement à obtenir la bienveillance de « ce grand seigneur des Débats » 6,
1. Montalembert au généralissime Skrzynecki ; J. N. S., op. cit., pp. 17 et 10.
2. Montalembert avait dans sa défense attaqué le duc qui, premier ministre de l’Instruction publique de la Monarchie de Juillet, avait supprimé la subvention accordée aux petits séminaires par la Restauration après les Ordonnances de 1828. (O. C., t. I, p. 14). À toute occasion Montalembert rappellera ce grief à la Chambre haute.
3. Montalembert au généralissime Skrzynecki, op. cit., p. 28.
4. L'exemplaire de la Nouvelle correspondance inédite de Tocqueville (p. 130) qui se trouve à la bibliothèque d’Écotay est annoté dans ce sens par Montalembert.