Journal : 27 novembre
Cette conspiration nocturne, cette évasion d’un héros révolutionnaire, est-ce assez drame romantique ? — Montalembert indique à son beau-père quelle somme sera nécessaire pour défrayer Skrzynecki qui est dépourvu de ressources, et Bystrzanowski. Il suggère le moyen d'obtenir un faux passeport:. Sur l’ordre de Montalembert, Bystrzanowski se rend à Bruxelles, remet au roi une lettre dans laquelle le pair de France
stipule expressément que Skrzynecki vient pour entrer au service du Roi et non pas seulement en expectative. Le Roi paraît toujours très décidé ?.
Montalembert prête quatre mille francs et presse M. de Mérode de trouver le double d’argent
non pas, précise-t-il, pour les frais de voyage quine sont rien, mais pour se tirer d’un mauvais pas, d’un danger pressant, par des raisons sonnantes, ce qui est souvent possible en Autriche #.
Mérode répond en invitant Montalembert à partir pour Paris afin d’y défendre la Belgique et, plus qu’elle, «une cause de la plus haute importance sociale ». Le bouillant ministre s’indigne contre les vendeurs de « scolastique constitutionnelle, doctrinaire, démocruche », qui transforment le gouvernement parlementaire « en pure arène d’absurde chicane intérieure, tellement assourdissante que les spectateurs n’entendent plus au dehors le bruit de l’orage ». « Allez, dit-il à Montalembert, détrompez Molé, ramenez l'opinion, passionnez-la par des discours, alertez des hommes influents. ».
Montalembert revient donc, sans savoir « ce que le ministre dira dans le discours de la couronne » ni s’il aura «à l’attaquer, à le soutenir ou à le supposer moins mauvais qu’il n’est ». Du reste, Lamartine, Guizot et consorts préoccupés de
cette immense et infâme sottise de la coalition (et de) cette autre sottise plus sotte encore s’il est possible de la réforme électorale
1. Montalembert au comte F. de Mérode : 22 novembre 1838. A. L.R, ÉTAT j