‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 265 sur 394 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

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L’habile péroraison ne préserve pas Montalembert d’une déconvenue. Ce discours, dont il escomptait le « succès éclatant »,est « accueilli très froidement » !, Un malaise de l’orateur, et l'accusation portée contre lui de parler en Mérode, n'expliquent pas seuls l'attitude des pairs. La situation diplomatique était plus tendue qu’en juillet. Les quatre puissances agissaient d’étroit concert.Berlin semblait impatient de jouer le gendarme. Six mois retardée par les soins de Molé, la décision de la conférence de Londres venait d’être rendue, le 11 décembre : statut territorial des vingt-quatre articles, indemnité à la Belgique. L’ambassadeur français avait signé. Réalistes, hostiles à une politique aventureuse, les pairs se refusent sans doute à une croisade contre l’absolutisme. Or cette idéologie bien française inspire Montalembert qui prédit une levée en masse des Français, car « la dernière goutte de sang de 89 (n’est pas) épuisée dans (leurs) veines ».

Néanmoins, le discours de Montalembert porte au but, si l’on en croit Cornudet, devenu chef de cabinet de Martin du Nord, garde des sceaux, et persuadé qu’abandonner les Belges serait une lourde faute. L’on entend, d’après lui, l’éloge de Montalembert dans la bouche même de ceux qui lâchent la Belgique ?. Montalembert estime que la cause belge a progressé après l’ensemble de la discussion devant les pairs.

M. de Mérode, qui s’est trop découvert en proposant certaine motion sur les forteresses, est, sur ces entrefaites, désavoué par Nothomb, qui le qualifie publiquement de « ministre sans portefeuille et sans responsabilité » 5. Montalembert n’abandonne pas la partie. Il retourne chez Molé, le premier janvier 1830. Le président lui « confesse son ignorance honteuse des dix-huit articles »4 et l’assure que, «même pour une cause juste, la France ne pourrait souffrir qu’on franchît la frontière des vingt-quatre articles ». Contrairement à son dessein primitif, Montalembert n’a pas contraint Molé à don-

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