‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 278 sur 394 · II. LA QUESTION D'ORIENT · texte numérisé non relu

II. LA QUESTION D'ORIENT

Montalembert fréquentait assez Thiers, le nouveau président du Conseil. Ainsi le 8 avril lui recommandait-il en ces termes son beau-frère Werner de Mérode, qui briguait une place d’attaché d’ambassade : « N’ayant pu réussir à causer quelques instants avec vous ces jours derniers je prends la hberté de vous adresser quelques lignes pour vous rappeler une affaire que j'ai fort à cœur »?. Le ton témoigne d’une certaine liaison avec le premier ministre. Celui-ci en profitait parfois désagréablement, par exemple dans l'incident suivant.

Participant à l'enthousiasme suscité par cette mesure, Montalembert avait approuvé le projet de retour des cendres de Napoléon. Cependant il avait applaudi au discours par lequel Lamartine témoignait ses craintes que, mal éteintes, ces cendres n’allumassent un incendie, et invitait à recevoir le glorieux tombeau « avec recueillement mais sans fana- . tisme ». L'effet de ces sages conseils ayant été le rejet de la majoration de crédits proposée par la commission et approuvée par Thiers, les journaux de gauche ouvrirent bruyamment une souscription. Au cours d’une visite chez Thiers, Montalembert se laissa « sottement » engager dans le comité

Page 1