‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 284 sur 394 · Univers : 10 octobre 1840, « Rome et Méhémet-Al · texte numérisé non relu

Univers : 10 octobre 1840, « Rome et Méhémet-Al

Indes aurait été ainsi préservée, Montalembert insiste sur un point, capital à ses yeux : l'intérêt du catholicisme. Avec l'agrément du gouvernement turc, la France pouvait protéger tous les catholiques de l’empire ottoman, de l’Adriatique à la Caspienne, du Danube au Liban, barrer en même temps la route au schisme grec et au despotisme russe. Au lieu d'agir ainsi, la France s’est engouée pour un aventurier, génial mais sanguinaire, qui a seulement barre sur quelques catholiques de l’empire ottoman : les Syriens.. et les écrase, aventurier qui livrera ses conquêtes à l'influence russe.

Prenant ainsi position sur la question d'Orient, Montalembert reconnaît que le traité de Londres vise plus haut, et que l’honneur national exigera peut-être qu’on y réponde par la guerre. Montalembert n’en peut, dit-1l, juger à distance, mais, s’il approuve l'Univers d’exalter les vertus purificatrices de la guerre, il conclut : « si elle éclate ce sera assurément pour le motif le plus triste et le moins digne de tous ceux qui se sont offerts à la France depuis 1830 »1.

Depuis la date à laquelle Montalembert avait rédigé ces lignes, le 28 septembre, l'Univers avait mené la campagne la plus violente contre les quatre puissances coupables ‘d’attenter à la religion et à la liberté. Le 4 octobre notamment, le journal catholique, que Montalembert était supposé inspirer. . publiait un appel enflammé à la lutte contre le despotisme et l’hérésie, représentant que l’enjeu en était « les droits, la religion, les mœurs, la nationalité de tous les peuples » : Irlande et Pologne, Rhénanie et Vénétie, les colonies anglaises et les. provinces slaves du Danube. « Les ennemis du genre humain et de la civilisation chrétienne, ce ne sont pas les Huns, les Vandales, les Visigoths, les Ottomans ; ce sont les gouvernements anglais et russe. La guerre doit donc être une croisade..... » À la France de prendre la tête de cette croisade « aussi sainte que celles des douzième et treizième siècles » 2.

A Malte, Montalembert lut ces propos incendiaires et, afin de se désolidariser, répliqua le 14 octobre par une longue

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