Ibidem : fin octobre 1838, infra p
« pédant » Cousin et Léon Faucher, le publiciste libéral. IL professa son désir de croire « sans réserve » à la doctrine des conciles, car, dit-il, « je défie l'esprit humain de produire une vérité ou une beauté qui ne soit pas déjà dans le christianisme.» Pour clouer un contradicteur par une précision, il ajouta : « Par christianisme j'entends le catéchisme des petits enfants, voilà ce que j’admire et ce que je mets au-dessus de tout ». Puis il rendit hommage à la Papauté et, avec émotion, évoqua une audience pontificale, donnant son criterium en ces termes: Qil n’y a qu’un homme au monde que j'aurais mieux aimé voir : c’est Napoléon : ! » Sérieux appoint pour les catholiques, cette amitié du plus brillant des députés et celle de Cousin ? ne sont pas négligeables.
Montalembert se réjouit encore du « discours parfait, plein de tact, d'énergie, de mesure » par lequel Martin du Nord, ministre des Cultes, a répondu à Isambert qui lui reprochait sa présence aux conférences de Lacordaire. Montalembert juge « mémorable... dans l’histoire catholique de la France moderne » cette séance du 3 mai 1841 5.
Sa faculté d'enthousiasme est assez connue pour obliger à cribler ces témoignages. Les faits subsistent. Sont-ils isolés ? Le courage d’un seul ministre permet-il de conclure à une amélioration d'ensemble de la situation religieuse en face de laquelle Montalembert se trouve ? Il ne généralise pas aveuglément : les historiens ont enregistré une montée de sève dans l'Église et, correspondant à cette vivacité du catholicisme, une amélioration du terrain, du climat dans lesquels il se développait. Les classes moyennes, du moins, et le gouvernement lui devenaient plus propices 4 Au moment où
1. Chronique catholique : 15 mai 1839 ; citée plus longuement par Lecanuet, t. II, pp. 65, 66.