‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 331 sur 394 · A. L. R. Dossier · texte numérisé non relu

A. L. R. Dossier

4. Cité par Lecanuet, t. II, p. 58 et par Sr. C. Bowe: F. Rio, PP. 173; 174.

5. Correspondance de Montalembert et de L. Coynudet, pp. 221-273.

il a paru blâmer ou du moins ne pas comprendre sa lutte avec la Gazette qui cependant a fait tant de bien et tant d’effet. Cependant Mgr Capaccini a dit à M. de Mérode que le Pape faisait la plus grande attention à l'Univers et qu’on était souvent obligé de l’empêcher de faire ce que l'Univers conseillait *.

La polémique entre la Gazette et l'Univers rapproche encore Montalembert de celui-ci. Cette lutte, mal engagée, « a produit cependant un effet immense » en touchant « le point le plus vulnérable de la cause légitimiste » ?. Il s’agissait d’une brochure du baron de Roman, légitimiste modéré, sur l’état des partis en France ; l'Univers avait approuvé sa critique catholique des Carlistes intransigeants, ouvert ses colonnes à l’auteur pour répondre aux injures des ultras, qui le traitaient d’hypocrite, renégat, apostat, etc, puis, tout le mois de septembre, avec vigueur, soutenu le combat en rappelant le principe d’obéissance des catholiques au gouvernement établi. Montalembert tout en se félicitant, nous l’avons vu, de l’objet et du succès de ce duel convia Bailly à ne le pas éterniser. Le 13 octobre même, un démenti paraissait dans l’Unsvers attestant que Montalembert n’avait mis dans la querelle ni son «influence », ni sa « direction », ni sa « main ». Il note cependant dans sa Chronique catholique, avec une vive satisfaction, la résultat de cette campagne : l’Umivers gagne trois cents abonnés, les légitimistes sont divisés. Le marquis de Vogüé ne le cache pas à Montalembert : « Vous nous avez, dit-il, porté un coup que nous ne vous pardonnerons jamais : vous avez brisé l'unité de notre parti. Vous avez déchiré et enlevé la moitié de notre drapeau » 5.

Entre temps, l'Univers publia une lettre anonyme qui émanait évidemment de Montalembert. Elle avait pour titre « Don Carlos à Bourges » et développait, à propos de l’exil du prétendant espagnol, des thèmes chers au champion de la décentralisation, de l’indépendance des catholiques vis-à-vis des gouvernements, du libéralisme enfin pur de jacobinisme.

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