À. L. R. — Dossier
3. Dr Villermé : Tableau de l’état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie. Ouvrage entrepris par ordre et sous les auspices de l’Académie des Sciences morales et politiques, présenté en 1838 et publié en 1840. T. II, pp. 49- 53, 68, 76-77, 117, 122, copiées A. L. R. — Dossier 341.
4. Lettre de Montalembert au comte F. de Mérode : 12 mars 1840.
Aussi, quand le projet de loi surle travail des enfants dans les manufactures fut présenté aux pairs, au mois de février 1840, par le gouvernement, Montalembert était préparé à la discussion :. Il intervint le 4 mars, après que la commission eut, par l'organe de son rapporteur le baron Charles Dupin, proposé le rejet et rédigé un texte plus sévère établissant les conditions précises de l'emploi des enfants. Le nouveau ministre, Gouin (ministère Thiers, du.1° mars), soutenait mollement le projet primitif, mais Rossi plaida pour lui l’incompétence du pouvoir législatif et la nécessité de laisser à l’exécutif le soin des modalités d’application, des décisions après expérience. ;
Montalembert monta ensuite à la tribune.
Tout le monde est d'accord pour dire qu’il faut un remède aux abus révoltants qu’on a signalés.
Il est urgent d’apporter ce remède. Or, l'instabilité ministérielle rend impossible à des ministres passagers et successifs d'examiner sérieusement le problème. Donc,
je demande, que la législature intervienne le plus tôt possible, comme la commission l’a proposé, et astreigne le pouvoir à un essai de remède ?.
Après cet exorde net et vigoureux, Montalembert reprend les arguments échangés au cours du débat. Rossi s'oppose à une loi générale, impérative, et lui préfère une réglementation adaptée, après expérience, à chaque département industriel. Montalembert, qui ne passe pas pour partisan des législations générales, n’admet pas ici l’objection, propre à « maintenir indéfiniment cette cruelle exploitation de l'innocence ». Il est, au contraire, « grand temps d'arrêter ce système homicide par une répression directe ». Montalembert rappelle d’un mot les faits criminels cités par le rapporteur, par Villermé, et la constatation dûment établie par le même Dupin de «la décrépitude des jeunes gens appelés au service militaire dans les districts manufacturiers », dégénérescence telle que, s’il s’a-