‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 344 sur 394 · OC TPE PD.205-21r · texte numérisé non relu

OC TPE PD.205-21r

Le 30 mai 1842, discutant de la loi sur les grandes lignes de chemins de fer, Montalembert avant de combattre en elle une atteinte portée à l’autorité constitutionnelle de la Chambre des pairs !, la repoussa comme trop coûteuse à exécuter, sans cacher son opinion sur l'importance du débat. Certes l’orateur ne nie pas la gravité du fait économique, il doute seulement que l'emploi de la vapeur sur les chemins de fer soit heureux pour l’humanité. Surtout il adjure de refouler à son rang ce moyen de richesse.

Reléguons, dit-il, les intérêts matériels à la place subordonnée et inférieure qui leur convient, au-dessous de tout ce qui fait la grandeur, la vie morale d’une nation ?.

Leader catholique, Montalembert répète donc à temps et à contretemps les principes chrétiens. L’instabilité parlementaire et la fréquence des émeutes inquiètent-elles la Haute assemblée, il descend aux sources du mal, regrettant d’une part chez les dirigeants «l'absence visible de ces principes supérieurs, sacrés, immortels, sans lesquels il n’est point de grandeur réelle », et désignant d’autre part la masse révolutionnaire qui « ne respecte rien : … Comment peut-on respecter quelque chose, s’écrie-t-il, dans un pays où l’on respecte si peu Dieu ? » Et il s'étonne de voir «les dépositaires passagers du pouvoir si indifiérents et quelquefois si hostiles à l’égard du seul remède efficace au désordre qui nous ronge * ».

Ennemi-né du mercantilisme et de la politique « betteravienne » 4, il rêve d’un gouvernement idéal et le définit en ces termes à la face de Guizot 5 :

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