À. L. R. — Dossier
esprit auquel Montalembert rendra hommage. Altéré par un amendement hostile aux congrégations, le projet ne fut pas porté devant la Chambre des pairs, car Guizot quitta le ministère de l’Instruction publique. Salvandy, son successeur, alarma les catholiques par une circulaire du 12 octobre 1838 rappelant un décret impérial et interdisant l'ouverture de cours préparatoires au baccalauréat !. Quand Villemain devint grand maître, Montalembert qui entretenait depuis longtemps des relations avec lui escompta plus de bienveillance. À la tribune, par des paroles dépourvues d’aménité, voire de justice, à l’égard du clergé, au ministère par des mesures sévères, Villemain détrompa « douloureusement » son collègue. :
Montalembert, quant à lui, entrerait en lice à la première provocation. Il ne s’illusionnait pas pour autant sur l’efficacité de son action solitaire. Il voyait très clairement les conditions de la victoire des catholiques et leurs erreurs présentes. Se tenir à l'écart, étranger au « mouvement social » et aux « habitudes politiques du pays », attendre on ne sait quel miracle en « adressant aux autorités compétentes des milliers de pétitions oiseuses », désastreuse disposition, dit-il à un prêtre ami. « Le gouvernement maintiendra un monopole qui lui est précieux », la peur ou la haïne du catholicisme empêcheront les faux libéraux d’en exiger l'abolition,
et la voix isolée de quelques pairs ou députés catholiques se perdra dans l’orage des passions égoïstes et bruyantes qui dominent les Chambres.
Aux chefs religieux de conquérir la liberté d’enseignement. « La question, conclut-il, est tout entière entre les mains des évêques ?. »
Un incident cependant naquit au diocèse de Cahors, le supérieur du petit séminaire de Montfaucon ayant réclamé contre la remise en vigueur d’un article # des ordonnances de juin, qui empêchait les élèves d’un tel établissement de se