‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 351 sur 394 · À. L. R. — Dossier 563. Lettre du 19 février · texte numérisé non relu

À. L. R. — Dossier 563. Lettre du 19 février

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des privilèges des petits séminaires, très net par ailleurs, le brouillon de cette lettre fut placé par Montalembert sous les yeux du ministre. Villemain critique ; son collègue accorde de légères retouches. La lettre paraît dans la presse, datée du 23 février 1841. Mgr Donnet en publie une du même ton, après avis de Mgr Affre et d’autres évêques.

La lettre de Mgr Affre figure dans les Œuvres complètes de Montalembert1, qui signe ainsi l’aveu d’une sorte de paternité. Elle délimite d’abord la liberté d'enseignement, les seules restrictions admises étant celles que dicte « l'intérêt de la religion, des mœurs et de l’instruction », l'instinct paternel garantissant contre des abus. Elle prévient l’objection qui présente le monopole comme nécessaire à l'unité nationale : un enseignement basé sur la religion forme, mieux que les doctrines multiples professées dans les collèges, des amis de l’ordre public ébranlé. Elle réfute l’argument tiré de la qualité du corps universitaire : celui-ci ne saurait craindre l'épreuve de la liberté et exclut, de plus, des «instituteurs très capables de former la jeunesse à la vertu ». Elle insiste sur l'intérêt politique d’une législation libérale qui, par reconnaissance, attachera les catholiques, les pères de famille, sans exciter la jalousie comme un privilège. Elle indique les modalités des restrictions admises au début : la moralité des instituteurs sera certifiée par leur supérieur hiérarchique, leur juge naturel, par l’évêque dans l’espèce, car « il n’y a pas privilège, 1l y a équité. Il y a surtout garantie réelle au lieu d’une formalité humiliante ». Quant à la capacité professionnelle elle sera reconnue par un jury « composé de magistrats, de membres du conseil général, de membres de l’Université et de délégués de l’évêque ». Ce jury, pour réparer l'injustice commise envers les élèves des petits séminaires en les frappant d’incapacité, pourrait en même temps leur conférer les grades.

En conclusion, l'archevêque laisse entrevoir la cohésion de l’épiscopat : « Vous n’oublierez pas que je n’exprime qu’une opinion privée. Je pense que celle des évêques s'ils étaient consultés différerait peu de la mienne. J'ai pu m’en convaincre dans les rapports que j'ai eus avec plusieurs d’entre eux ».

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