‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 352 sur 394 · O.C., t. I, pp · texte numérisé non relu

O.C., t. I, pp

Le grand maître cédera-t-il sous cette pression ? Villemain rompt au contraire les négociations en présentant un projet de loi dont il n’avait souffié mot à Montalembert. L’offensive brise l’harmonie de l’armée catholique, mais déchaîne la plus vigoureuse des contre-attaques. Le projet exigeait que les citoyens désireux d'ouvrir une école remplissent des conditions assez difficiles de grade, qu'ils se fissent délivrer d’humihants certificats de capacité et moralité. Les petits séminaires étaient assujettis à ces règles. Unanime, l’épiscopat condamne le projet, mais tandis que de rares évêques, NN. SS. de Mazenod et de Marguerye en particulier, se placent sur le terrain du droit commun et de la liberté d'enseignement, la plupart suivent Clausel de Montals et fondent leurs protestations sur le droit de l’Église à former librement ses clercs. Défendre les privilèges des petits séminaires semble à Montalembert une maladresse désastreuse. En effet, le public ne saisira pas l’intérêt de cet enjeu trop particulier. Aux évêques ainsi abandonnés par l'opinion, l’Université concédera ces privilèges. Pris au « piège », ils laisseront tous les autres enfants à l'État. Montalembert, en remuant ces pensées, s’attriste profondément des conséquences incalculables de cette intempestive « levée de boucliers ».. Laïciser intégralement l’enseignement, n’est-ce point tarir le recrutement des petits séminaires ! ?

Villemain, inquiet du tollé des évêques et non soutenu par Guizot,retire son projet. Montalembert, quelques semaines plus tard, rasséréné, livre au dominicain son jugement sur l'affaire.

Je suis charmé de voir les évêques commencer enfin à parler, à s'entendre et à se faire entendre au pays, à sortir de cette torpeur et de cet isolement où ils semblaient s'endormir. Mais d’un

autre côté je crois qu’ils ont choisi un terrain mauvais et étroit pour leurs évolutions.

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