‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 363 sur 394 · SR À D H · texte numérisé non relu

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lâchetés et mensonges du politicien l’'écœurent jusqu’au dégoût :

et vous voulez, écrit-il au comte d’Alton-Shée, pair de France, que je quitte ma femme, mon Saint Bernard, mes travaux et mon repos ici pour aller trouver tous ces poltrons, tous ces plats : !

La politique ecclésiastique ne le séduit pas plus. Mines et contre-mines de l’internonce ou de Dupanloup, roueries du Père Bailly ou froideurs de Mgr Affre, autant de déceptions pour Montalembert. Il s’'amusera à souligner, plus tard, cette boutade du duc de Broglie : «restons entre laïcs ; les clercs se précipitent puis s’enfuient ; ils n’ont ni prudence ni honneur ». Dès 1840 il se la fût malicieusement appropriée.

Maniement des hommes, compromis entre leurs intérêts, administration et diplomatie, à l’intérieur et à l’extérieur, la politique est, sous un autre aspect, un combat. Alors Montalembert guerroie au premier rang. De par la liberté, la vie publique se transforme en champ de bataille où les chevaliers ne redoutent pas de frapper d’estoc et de taille. Montalembert l’a rappelé dans une phrase célèbre, le premier de sa race il ne combat pas par l’épée ?. Ses armes sont la plume et la parole. Il ne les ménage pas. L’historien prête au polémiste la noblesse du style, et le lieutenant de l’ Avenir verse à la presse catholique de généreuses munitions.

A la tribune Montalembert grandit encore. La magie du verbe l’a séduit et les accents des Philippiques résonnent merveilleusement en lui. Sa voix « d'ordinaire incisive et mordante et qui tout à coup, à de rares intervalles, devenait profonde et chaude quand l’émotion le gagnaïit » 5, sa véhémence réglée 4, ses périodes cadencées, le charme de sa présentation et la vigueur de son talent, la puissance des discours mûris et la verve des improvisations, conquièrent la Chambre haute. Indulgente, jadis, au plaidoyer pour la première école libre,

1. Revue de Paris : 1° décembre 1906, p. 568. Lettre du 20 décembre 1830.

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