‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 44 sur 394 · Lecanuet, t. I, p · texte numérisé non relu

Lecanuet, t. I, p

avant 1816 on donne à Montalembert l’abbé Monier, conspirateur royaliste qui a secondé le baron en Espagne et à Saint- Domingue :, M. James Forbes, son grand-père maternel, a beaucoup fréquenté le prince pendant son exil ; il lui rend visite à Paris accompagné du petit Charles à qui la duchesse d'Angoulême prodigue « mille caresses » ?. L'on ne s’étonnera pas qu’au mois de mars 1830, Montalembert demande à son père la permission d’accompagner l'expédition d'Algérie, fût-ce comme simple soldat 3%. Le 9 juillet, quand le canon tonne à Paris pour annoncer la prise d'Alger, Montalembert exulte : « Quelle gloire ! quelle merveilleuse victoire » 4! Quand, un mois après, les Bourbons cheminent à nouveau vers l'exil, Montalembert, chevaleresque adversaire politique, témoignera son attachement sentimental aux vaincus de Juillet. Charles X est malheureux, sa cause devient sacrée pour lui. Déçu du peu d’exaltation de Montalembert au lendemain de cette révolution, d'Herbelot lui écrira : « vous teniez par le sang et les affections à une partie des vaincus » 5.

Le patriotisme des aïeux de Montalembert est le service du roi légitime ; les intérêts de la France et ceux de la Maison de France sont pour eux identiques. Combattant de l’armée des Princes ou des troupes de Wellington en Espagne f, ambassadeur ou pair, Marc-René s’est dévoué sans réserve. Montalembert, lui, qui suivra l'exemple du dévouement à la France, n’a pas une passion profonde pour les Bourbons et s’acharnera contre les légitimistes. Il discriminera l’amour de la France et celui de la couronne. Certes, le comte Marc-René avait écrit à Mr Forbes «Charles must be a Frenchman... a man in France » 7. Cependant c’est involontairement, parmi ses condisciples, que Montalembert franchira dès sa jeunesse l'étape suivante, importante, de l’évolution du sentiment patriotique. Encore de temps à autre une boutade contre la

1. Barruol : Un précepteur provençal de Montalembert, l'abbé Monier.

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