Archives de la Roche-en-Brenil. Dossier n
le tout fut remis à M. de Meaux, seul survivant des quatre amis, par la comtesse de Montalembert. Nous ne savons pas dans quelle mesure il usa de la latitude que lui laissait le testament pour supprimer certaines pièces. Mais il eut à cœur de compléter les documents rassemblés, par les lettres qu’adressa Montalembert à ses correspondants et qui furent souvent échangées contre les lettres de ceux-ci à celui-là.
C’est en 1922 que fut réglé définitivement le sort de ces Archives. Un acte de partage fut dressé par les héritiers de Montalembert. Fut attribuée au comte et à la comtesse André de Montalembert la partie la plus importante, dont le classement a été fait en 1929 par un archiviste polonais, M. Richard Przelakowski.
Neuf cent cinquante dossiers, cahiers ou carnets, divisés en dix séries, constituent ces « Archives Montalembert » conservées au château de La Roche-en-Brenil. La première réunit quelques pa- . piers précieux aux yeux de Montalembert, preuve de ses relations intimes ou officielles avec le Pape, le roi, les puissances étrangères.
La seconde est dite PERSONALIA. Elle inclut la suite du Journal que, depuis 1822 — soit à l’âge de douze ans —, Montalembert rédigea presque quotidiennement jusqu’à sa mort. Le Journal est écrit sur de gros carnets à serrure, puis de plus petits sans serrure, dont il existe trente-six. Manquent le second semestre 1840, époque du voyage d'Orient dont le compte rendu fut réservé à un carnet spécial qui n’a pas été retrouvé, ainsi que les années 1842 et 1843. De nombreux passages ont été raturés, rendus illisibles et des: pages coupées (une des plus importanteslacunes va du 20 août au 25 octobre 1831) par Catherine, la quatrième fille de Montalembert, qui n’a pas voulu livrer à la postérité les lignes par lesquelles il exprimait passionnément ses sentiments intimes sur telle personne, telles difficultés familiales ou donnait maint détail sur la santé des siens, etc. Il semble que, pour les années antérieures à 1842, aucune note importante touchant à la politique n’ait été ainsi supprimée. Ce Journal ne fut pas écrit absolument au jour le jour. Montalembert l'indique lui-même en mars 1838 et en fournit mille preuves. Mais c’est surtout quand il voyage qu’il est un peuirrégulier et, par exemple, antidate le récit des deux ou trois journées précédentes. Nous avons emprunté quantité de renseignements au Journal dont la sincérité, sinon l’objectivité, nous a semblé certaine et -qui est trop ponctuellement tenu pour tromper sur les faits ou gestes importants. Les Personalia contiennent encore des notes diverses, la correspondance de Montalembert avec son père (n° 59) et avec sa femme, des lettres de Dupanloup sur le Concile du Vatican, le testament enfin (n° 102).
Dans la troisième série sont classés, par ordre chronologique aussi, les MaANusCRiTs. Le plus intéressant que nous ayons lu est un carnet de pensées catholiques et politiques (n° 115). Pour la période postérieure à 1842 des mémoires importants se trouvent là,
notamment sw la position du gouvernement français vis-à-vis de l’Église et du Saint- Siège (n° 127).
La quatrième série contient les BASES ET PROJETS DE TRAVAUX, notamment les analyses d'ouvrages lus entre 1823 et 1831 (n°S 169-187), les Études catholiques (n° 190), de nombreux dossiers sur l’Église et la liberté, sur l’enseignement public et sur les questions les plus diverses, telles que la décentralisation (n°256), l’impôt (n° 258), les forêts, la médecine, la politique étrangère, etc. etc
Les CORRESPONDANCES reçues par Montalembert de personnages connus ou inconnus, généralement à l’occasion de ses articles ou discours, forment la cinquième série. Nous y avons trouvé une brève correspondance échangée entre Guizot et le père de Montalembert (n° 346).
La sixième, dite RELATIONS, du plus haut intérêt, est composée d’une centaine de correspondances avec les amis de jeunesse et des mennaisiens : Lemarcis (n° 403), Albert et Alexandrine de La Ferronnays (n°5 407-411), Rio (n° 405), Lamennais (n°5 415-417), Lacordaire (n°s 418-419), Gerbet (n° 431), Guéranger (n° 432), Eckstein, César Plater, Skrzynecki, avec les parents ou amis de la maturité : Foisset (n°5 448-451), les Mérode (n°5 442-444), Falloux (n° 446), Ozanam (n° 464), Veuillot (n° 463) et combien d’autres de Mme Swetchine à Berryer et Donoso Cortès. Primitivement, cette série ne devait comprendre que les lettres de toutes ces célébrités à Montalembert. Petit à petit, la famille de Montalembert obtint celles qu’il leur écrivit, maïs ceci au prix d'échange le plus souvent. Ainsi, les lettres de Lamennais, de Dom Guéranger, de Veuillot ont été pour la plupart données à leurs héritiers sans que copie en ait toujours été gardée. Parmi les correspondances qui n’ont pu être échangées la plus importante est celle de Lacordaire (n9s 418 et 419) parce que celui-ci brûla ces papiers ; heureusement Montalembert gardait copie de certaines lettres avant de les envoyer et nous avons ainsi retrouvé là les fameuses lettres sur l'aristocratie que nous publions en appendice. Les lettres de Montalembert à Guizot sont revenues du Val Richer à la Roche ; le dossier n° 482 ne contient rien que d’insignifiant pour la période antérieure à 1852, mais intéressantes sont celles de 1852 à 1860.
Dans la septième série, classée assez arbitrairement sous le titre CORRESPONDANCE Æ€ONCERNANT LES ÉVÉNEMENTS CONTEMPO- RAINS, sont enregistrés environ deux cents dossiers concernant le mouvement catholique, les relations avec Villemain (n° 251), Dessauret, directeur des Cultes (lettres éparses dans le n° 564 en particulier), avec l’épiscopat (n°5 563-576), concernant la loi Falloux, etc. On y lit toutes sortes de lettres politiques de personnages et dates divers, de mémoires sur les affaires variées auxquelles fut mêlé Montalembert, de l'Avenir (n° 570) à l'achat de l'Univers
par exemple (n°5 573 et 574), ou la fondation de Solesmes, etc..…., etc:
Les séries VIII et IX comprennent des PAPIERS DE FAMILLE ET D'AFFAIRES : la dixième les VARIA. Hors série, plusieurs pièces curieuses comme un registre des correspondants de l'Avenir, des pétitions, un album d’autographes.