ecanuet 611, p
4. Cf. Mémoires. de Guizot, t. I, p. 335 (Paris, Lévy, 1872).
5. Journal : 127 mars; cf. plus loin ch. 11, p. 87, l’analyse de l’article.
6. Revue Hebdomadaire 1910, t. VII, pp. 421-422. Introduction aux Lettres inédites de Montalembert à Villemain.
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Il s’est lié aussi, à Sainte-Barbe, avec Michelet dont en 1827 il lit le discours sur la vie et les ouvrages de Vico, en appréciant le talent et la verve du traducteur non moins que les vues de Vico lui-même, sauf à reprocher plus tard à celui-ci sa méconnaissance du régime représentatif !. Michelet a « vécu si familièrement, dit M. Moreau ?, dans l'esprit du XvrtIe siècle, de Voltaire surtout, qu’il a quelques traits de ces encyclopédistes si impatients de propagande et d'influence ». De fait, le 2 septembre 1827, Montalembert raconte à Cornudet * que, l’historien lui ayant « parlé de l’utilité et du devoir qu'il y (a) pour tout homme éclairé de communiquer ses lumières », et l’occasion s’offrant au cours d’un voyage en diligence, le collégien persuade à une paysanne « que l’état des classes inférieures (est) bien meilleur qu'avant la Révolution ». Jusque vers 1833 Montalembert restera sous le charme de Michelet 4, qui certain jour le doit présenter à «l’adorable Quinet ».
A ce groupe d’historiens joignons A. Thierry, car il «enthousiasme » Montalembert 5. L'auteur de La conquête de l’Angleterre par les Normands est moins convaincu que ses amis de la vertu des institutions britanniques. Mais cet ancien secrétaire de Saint-Simon s'intéresse à la politique — qui l’a mené à l’histoire. « Il veut développer les semences de liberté qui existaient en ces temps reculés », écrira Montalembert à la fin de l’analyse qu’il consacre à l’ouvrage lu et relu par lui f. Thierry s’affichera autonomiste avant la lettre. Montalembert, lui, sera seulement régionaliste. Il ne combattra pas comme Thierry dans l’Église « la grande ouvrière d'unité ». Il n’admettra pas les thèses des Lettres sur l’histoire de France, ni leur attaque contre la noblesse, prétendue institution germanique dont les Celtes se seraient libérés en 1789. Ces oppo-
1. A. L. R. — Dossiers 171 et 177. En 1828 Montalembert lit encore Vico : A. L. R. — Dossier 172.
2. Moreau : Le Romantisme (t. VIII de l'Histoire de la littérature française, de Calvet), p. 345.