‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 54 sur 394 · À. L. R. Dossiers 171 et · texte numérisé non relu

À. L. R. Dossiers 171 et

sitions d'idées, qui seraient importantes pour une histoire de a pensée, il ne les discerne d’ailleurs ; -le,

la p il, ñetles id d’aill pas, remarquons-le, car elles sont noyées dans un flot d’ « enthousiasme ».

Sans réserve, Montalembert applaudit les triumvirs comme des champions de la Charte. Il vit en l’âge d’or de la monarchie constitutionnelle, quand le duc Decazes — promoteur de son père à la Chambre des pairs dans la « fournée libérale » de 1819 : — assure de cette Charte qu'elle doit « nationaliser la royauté et royaliser la France », et Chateaubriand : « les principes républicains s’y trouvent si bien combinés qu'ils y servent à la force et à la grandeur de la monarchie » ?. Le vague des formules de la Charte satisfait tout le monde, chacun l'interprète à sa façon. Si un juriste y peut discerner des germes de contradiction insoluble, l’ « opinion » et ses dirigeants n’y voient que les promesses du bonheur des Français…

L'opposition de gauche, dont Montalembert lit avidement la presse, a beau jeu pour solliciter le texte incertain et accuser les Bourbons de faillir aux engagements de la Charte, d’attenter à ce bonheur. D'où elle conclut, soit avec Guizot (sous Villèle), « le pouvoir actuel mérite d’être combattu mais pas du tout d’être renversé » ?, soit, avec plusieurs de ses collègues, qu’il faut conspirer contre le parti ultra au risque d’atteindre la branche aînée 4. De plus en plus la jeunesse des Écoles fermente : les normaliens et autres élèves des Guizot, des Cousin se tournent contre la monarchie restaurée. Ils lui reprochent sa solidarité avec les envahisseurs de 1814, sa mé-

1. Lettre de Montalembert à l'abbé de Montalembert, ci-dessous en appendice, p. 514.

2. Réflexions politiques, ch. xrIr ; cf. Monarchie selon la Charte, Chr

3. Cité par Thureau-Dangin : Le parti libéral.…., p. 271 (l'opposition sous Villèle).

4. Bautain et Frayssinous attestent l'existence de ce complot : Garnier : Frayssinous…, p. 148.

connaissance des gloires militaires napoléoniennes, son attachement aux formes vétustes, son inintelligence de la France nouvelle, sa répugnance à tout libéralisme.

Le rayonnement de l’Empire n’impressionnera jamais Montalembert qui l’exécrait 1. A cela près, il vibrait avec ses camarades. |

Il me semble, écrit-il après avoir noté sa lecture des Pamphiets, que l’on rend trop peu justice à Courier et que l’on n’a pas assez en vue les persécutions qu'il a subies pour la liberté.

Par là il n’adopte pas toutes les opinions de Paul-Louis Courier ; mais il donne libre cours à son admiration pour l’Histovre de la Révolution française de Mignet ?.

Le sentiment libéral de Montalembert dévie vers la gauche sous la poussée des passions qui agitent Sainte-Barbe et l’Université.

Par contre, il trempe sa foi religieuse en luttant contre l’incrédulité ambiante. « Combien étions-nous de jeunes chrétiens, même dans les collèges les mieux famés ? A peine un sur vingt », écrira-t-il en 1852 *. Cornudet atteste que, malgré les prêtres dirigeants, Sainte-Barbe était enfiévré d’irréligion comme tout le milieu universitaire. Si les professeurs athées ou antichrétiens ne professaient pas hautement leurs sentiments, les camarades de Montalembert le criblaient d’objections et se moquaient de ses pratiques pieuses. Montalembert se défendait avec courage et verve, parfois il imposait le respect de ses convictions 4. Voltaire inspirait si profondément les contemporains que par Bulle du 27 mai 1824 Léon XII, conviant la catholicité au jubilé de l’année sainte, exprimait l'intention qu’on priât pour la cessation de l'indifférence religieuse née de la philosophie voltairienne. Aucun homme — ou presque — à commencer par le père de Montalembert, ne fait ses’ Pâques. Les cadres ecclésiastiques de l’Université imposent à celle-ci la religion (et le légitimisme) par une

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