‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 59 sur 394 · Ibidem, pp · texte numérisé non relu

Ibidem, pp

Après une analyse consciencieuse de l’Essai sur le principe générateur des Constitutions politiques et des autres institutions humaines, Montalembert résumera ainsi — un peu plus tard, en janvier 1831 — son impression :

Avec les Considérations sur la France, cet Essai forme cependant le Code Politique le plus complet. C’est un système sublime mais effrayant de vérité, tant tous nos systèmes d’aujourd’hui en sont loin, tant tous nos hommes d’État sont étrangers aux premières bases de leur science. Admirable Christianisme ! Comme il se mêle à tout, comme sans lui il n’y a de vie et de sève nulle part. La lecture de ces ouvrages désole, car elle montre toute l'étendue de l’abîme où nous nous précipitons, accablés sous le poids de l’irréligion de nos pères et de la nôtre 1.

En conclusion de l’analyse des Soirées de Saint-Pétersbourg, Montalembert s’écriera deux ans après : « Qui aurait le courage de juger un pareil homme ? Il a tout su, tout compris, tout sondé : sa parole est un éclair, c’est le prophète de notre siècle » ?, oui, du siècle romantique 5%. Combien de fois ce nom de Maistre ne reviendra-t-il pas dans les conversations de Montalembert et de Mme Swetchine, qu'il fréquente à partir de janvier 1831.

De Bonald, sacré par Lamennais « le philosophe le plus profond paru en France depuis Malebranche » #, Bonald, qui prend plus volontiers pour guide sa sensibilité que son entendement, et par elle retrouve la tradition, en restaure le culte, Montalembert cultive, au moins vers le même temps que de Maistre, la législation primitive ® sur laquelle il porte ce jugement dans son cahier d’analyse, en manière de conclusion :

Un monument admirable d'indépendance philosophique et de vraie science à une époque où la pensée de Dieu et les inspirations de la foi étaient ensevelies sous les infamies du xvirIe siècle.

1. Inédit, pp. 8 et 9 du carnet 180 des archives de la Roche-en- Brenil, intitulé « Analyses, 1re série, t. VII, Analyses philosophiques, IVe année » ; cf. aussi carnet 187, copie de plusieurs passages.

2. Inédit (idem, p. 130) daté curieusement « 18 avril 1833 [l», date soulignée trois fois ; cf. Journal : 28 mars 1831.

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