‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 61 sur 394 · Duine : La Mennaïs,.p · texte numérisé non relu

Duine : La Mennaïs,.p

l’Université impériale : c’est déjà au nom de la liberté. En 1818 il exalte Bonald et maudit les coups portés contre le principe monarchique, mais dans l’Essai où il défend tradition et autorité, G. Goyau perçoit une « demi-proclamation de la souveraineté du peuple dans le domaine même du vrai » ?. Les illogiques compromis de la monarchie de droit divin avec la Révolution sont âprement dénoncés dans les deux ouvrages suivants * où la Charte est qualifiée de monstruosité, mais il y demande pour l’Église catholique « la liberté promise » par cette même Charte « à toutes les religions » 4 Il signe au Drapeau Blanc, mais pour y dénoncer en 1823, dans une lettre ouverte au grand maître, les scandales qui déshonorent certains établissements de l’Université ; et, condamné, il se prend à haïr le régime.

Catholique uniquement, il veut un gouvernement soumis à la loi de Dieu, c’est-à-dire équidistant du libéralisme jacobin et de l’absolutisme gallican, qu’il accable également tous deux. Mais il ignore l’histoire de l’Église gallicane, il schématise le problème ainsi : d’un côté l’Église et le Pape, de l’autre l'État usurpateur ; il passe de la simple condamnation du Concordat au principe de séparation de l’autel sacré et du trône maudit 5. Les fameuses Ordonnances du 18 juin 1828 ont, selon lui, été dictées par cette double erreur : jacobinisme et gallicanisme, qui visent au même but, le premier violemment, le second sans se l’avouer. Le Messager des Chambres ne porte-t-il pas cette formule, intolérable pour un catholique romain : « Le Roi est intervenu pour régler par sa volonté souveraine ce qui étoit utile et bon pour l'intérêt de l'Église de France et de l'État % ». L'événement provoque la rupture de Lamennais avec la monarchie, rupture indiquée

. De l'Université impériale, brochure, septembre 1814. . Goyau : Histoire religieuse, p. 558.

3. La religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil (1825-1826). — Des progrès de la Révolution et de la guerre contre l'Église (1829).

4. Préface aux Progrès…., édition de Belin-Mandar et Devaux, 1829, p. vil. : |

5. Cf. William Gibson : L'Église libre dans l’État libre (Émile Nourry, 1907).

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