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plaidoyer documenté comme le Frayssinous du chanoine Garnier, de minimiser la force du gallicanisme dans le clergé. Un fait caractéristique prouvera cependant sa virulence : en 1821, Sœur Jeanne Antide Thouret, ayant fait agréer à Romé les constitutions de l’ordre fondé par elle à Besançon, fut exclue du diocèse par Mgr de Pressigny, archevêque gallican, qui entendait marquer par cette mesure son indépendance à l'endroit du Saint-Siège. Quoi qu’il en soit, l’ultramontanisme de Lamennais paraît remarqué des contemporains, assez sceptiques pour la plupart sur la valeur du pouvoir pontifical et arguant volontiers de la faiblesse de celui-ci. A quoi Lamennais répond par cette phrase (qu’on lui appliquerait cruellement) : « l’Église qui ne rompt jamais qu’à la dernière extrémité et lorsqu'elle arrive aux limites posées par Dieu même à la condescendance permise, se prête d’abord à tout ce qui est absolument possible, use de ménagements, évite les chocs directs, élude les questions d’où naîtrait une guerre décisive ou une scission déclarée, dissimule les torts que la passion aggraverait si elle exigeait la réparation, prolonge, attend, exhorte, imite enfin dans sa conduite Celui qui est patient parce qu’il est Éternel ? ».
Sur un point particulier, d’une importance décisive pour Montalembert, Lamennais ouvre la voie : l’on peut faire dater les origines de la lutte catholique pour la liberté d’enseignement du pamphlet L'Université impériale (1814) *. Montalembert citera dans son plaidoyer au procès de l’école libre le programme : « qu’on supprime toute entrave, qu'on laisse une liberté entière. (et) les parents, maîtres de leurs enfants, qu'on les forçait de sacrifier au Moloch de la France cesseront d’être dans la cruelle nécessité de les abandonner à l'ignorance ou de consentir à leur perversion »4. En 1817, une nouvelle brochure de Lamennais : Du Droit du gouvernement sur l'éducation attaque moins l’Université qu’elle ne demande