À. L. R. Dossier
La sagesse ne constitue pas, cependant, la principale qualité du vicomte, ni de ses amis ou adversaires « ultras ». Villèle se plaignait déjà que, les mieux intentionnés du monde, ses partisans fussent « tout sentiment, sans la moindre prudence », et il succomba pour n’avoir pas satisfait, au moins en apparence, cette imagination qui, alors, possédait la France. On saisit là l’entremêlement des racines du romantisme et de la tradition royaliste-catholique.
De fait, en politique, la nouvelle école littéraire, fille de Jean-Jacques, de Corinne et de René, ce « romantisme » dont Montalembert s’est épris dès l’abord, suit certainement sous la Restauration. bien plus Chateaubriand que Madame de Staël (inclinée par B: Constant vers la république 1). Des idées ? peu. « Tout traversé de frissons métaphysiques », le romantisme demeure assez étranger à l’ «art de penser et :à l’art de raisonner »?. Une vive affection pour le Moyen âge et le génie du christianisme, un amoureux attendrissement sur les fleurs de lys, ce sont ses débuts. Cependant, Lamartine juge sévèrement les chimères de Mme de Staël, écrit des lettres « pleines de Bonald, de J. de Maistre », fréquente chez Rohan et non seulement chez la duchesse de Broglie #. Montalembert est en rapport avec Lamartine, à qui il est présenté le 22 avril 18304 et qui, sur le point de descendre dans l’arène politique, y suivra parfois une ligne proche de la sienne jusqu’en 1848 5. Hugo, relation aussi de Montalembert $, admire Chateaubriand, Lamennais. Il chante Navarin, d’ailleurs :
Console-toi la Grèce est libre
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1. Souriau : Histoire du romantisme en France, t. I, 1, p. 91.
2. Lanson : Histoire de la littérature française, Hachette, sans date (Édition de 1929), pp. 932 sq. |
3. Moreau : Le Romantisme, pp. 167 sq. ; Souriau : op. cût., t. II, P. 5I.