Journal : 7 avril
2. Souriau : Vie Intellectuelle, xo janvier 1930, pp. 215 sq.
3. Hugo : Journal d'un révolutionnaire de 1830, derniers feuillets.
4. Cf. Hugo : Littérature et philosophie mélées, pp. 13,177, 101, etc. (Édition 1882).
5. Cing-Mars, t. I, pp. 21, 22, 196 ;t. II, pp. 15,205 (édition Calman-Lévy, 1882, 2 vol. in-12).
Montalembert suivra, dans une bonne mesure, ce courant. Il écrira à Lemarcis, sur la préface d’Hernani, « l'identité du romantisme et du libéralisme y est hautement établie » 1, Sa personnalité résistera cependant à deux tendances importantes et nouvelles : l’évaporation, dit M. Souriau ?, d’un catholicisme qui laisse comme résidu une religiosité sentimentale, et l'attraction grandissante de la gloire napoléonienne.
Le courant libéral entraîne Montalembert loin du milieu dans lequel il est né, cette France d’ancien régime, séparée par l’émigration ou l’incompréhension de la nation bourgeoise et populaire issue de la Révolution.
Un homme chez lequel il est reçu personnifie ce milieu, le duc de Rohan, seigneur «vieille France ».…., obstinément fermé aux innovations constitutionnelles. Malgré une fondamentale opposition d’idées, Montalembert ne fréquente pas le duc sans quelque agrément. Il rencontre chez lui pour la première fois l’abbé Dupanloup, futur aumônier de la Dauphine, en 1826. Cette « curieuse et précieuse liaison » de la Roche-Guyon Montalembert ne l’oubliera pas, puisqu’en 1830 il tentera d'amener Dupanloup aux doctrines de Lamennais #. Le duc conserve pour Montalembert une paternelle affection, lui écrit, au lendemain de la révolution de Juillet, unelettre délicate pour un anniversaire et l’accueillera à Rome avec bienveillance après la suspension de l’ Avenir. La fidélité de Montalembert répondra à ces sentiments et le portrait du ducarchevêque ornera sa chambre à la Roche-en-Brenil. Le duc de Rohan ne heurtait pas son jeune ami sur toutes les questions politiques. La Pologne recueille dans ce milieu catholique légitimiste de vives sympathies, et Montalembert le
1. Cité par Mlle de Lallemand : Montalembert et ses amis, p. 120.