‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 79 sur 394 · Lettres à un ami de collège, p · texte numérisé non relu

Lettres à un ami de collège, p

4. Traduites en français (sur la troisième édition anglaise en 364 pp), Paris, Laurent fils (s. d.), 3° édition, in-89, VirI-536 pages, ouvrage rédigé sous forme de lettre datée de Londres, 1°r novembre 1790.

Quel homme distingué que ce Burke... patriote éclairé, orateur éloquent, indépendant, sensible, vertueux, profond écrivain, sain politique, dévoué à la royauté, il semble réunir toutes les grandes qualités que doit posséder un homme d'État. Il nous manque des Burke en France ; espérons qu’il en viendra tôt ou tard. Certes, on ne peut désirer une vie plus glorieuse ni plus vertueuse que la sienne !.

Montalembert n’imitera pas, n’assimilera que peu, ce Burke dont le nom vient naturellement sous sa plume et dont le portrait orne encore sa bibliothèque à la Roche-en-Brenil. Au dire de Foisset il était «plein de l'esprit d’'Edmund Burke»?. La vérité serait plutôt qu’il se rencontre en accord sentimental avec lui. Mais les méditations profondes du philosophe politique (avec qui Bonald se trouve souvent à l’unisson) ne laisseront guère de trace dans la pensée de Montalembert à qui rien ne demeurerait plus indifférent que les théories du pouvoir, s’il était capable d’indifférence.

Quoi qu’il en soit, Montalembert sous cette prépondérance de l'influence anglaise, qu’expliquerait suffisamment son hérédité, présente un cas aigu d’un phénomène plus général. Traitant de ce qu’il n’hésite pas à nommer « l’anglomanie », un historien assure que, née vers la seconde moitié du xvIr1e siècle, elle n’a cessé de croître pour atteindre son plein développement sous Louis-Philippe #. Pour Buckle, un événement domine ce siècle de lumières : la fécondation de l’esprit français par la pensée anglaise... 4 Au xviIe siècle la France s'était mise «à l’école de l’Angleterre »5. Montesquieu aidant et Voltaire, et le club de l’Entresol et la Maçonnerie, la noblesse anglaise puissante, riche, victorieuse des Stuarts, maîtresse d'un parlement aristocratique, avait fasciné l’Europe française $. Cet engouement ne s'éteint nullement au xIx® siècle

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