‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 80 sur 394 · Lavisse : Histoire de France, t. VIII, 2° partie, p · texte numérisé non relu

Lavisse : Histoire de France, t. VIII, 2° partie, p

6. Cf. B. Fay : La Franc-Maçonnerie et la Révolution intellectuelle

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en France, Mme de Staël le prouve dans Corinne. Les Français de la Restauration épousaient souvent des Anglaises, ainsi le duc de Castries et le prince de Polignac, Flahautet Walewski, Lamartine et Vigny, Rio plus tard. ! Louis XVIII et beaucoup de ses fidèles en quisurvit l'esprit de l'Encyclopédie, ont, de plus, vu de près pendant l’émigration le régime anglais. Polignac lui-même croira goûter le libéralisme britannique !

La Charte est importée, et Villèle de le lui reprocher en 1814 ?. La défendant, Chateaubriand expose les règles constitutionnelles assez exactement comme le juriste Todd dans Le gouvernement parlementaire en Angleterre. Benjamin Constant abuse des exemples anglais au point de s’excuser, dans une seconde édition d’un plaidoyer pour la liberté de la presse, de n’avoir pas cité aussi ceux de Suède et de Prusse... 3.

Hugo, avant d'écrire son Journal d’un jeune jacobite de 1819, prend Cromwell pour héros de son premier drame que Montalembert analyse 4, Cromwell, non pas Napoléon. Balzac, Mérimée, s’attachent vers le même temps au Protecteur.

L'histoire d'Angleterre est à la mode, que Montalembert lit dans Guizot, Thierry, Villemain. Mais elle n’est, plus d’une fois, qu’un prétexte à un parallèle sous-entendu entre Angleterre et France. « Lorsque vous voyez le nom de Séuart dans un livre de ce temps, lisez Bourbon », écrit M. Moreauÿ. Lamennais et Stendhal dès 1815, combien d’autres ensuite, songeront à ce parallèle :

Charles I°7 Louis XVI République anglaise République française Cromwell Napoléon

Charles II Louis XVIII.

au XVIIIe siècle (édition de Cluny, Paris, 1935), notamment pp. 27, 76, 143, 196.

1. Cf. Margery E. Elkington : Les relations de société entre l'Angleterre et la France sous la Restauration 1814-1830. (Paris, 1929).

2. Cité par Thureau-Dangin : Royalistes et Républicains, pp. 352 et 195.

; 2. Constant : Œuvres politiques, 1 volume de morceaux choisis, «Bibliothèque Charpentier », P. 237.

4. A. L. R. Dossier 172 : il s’agit d’une critique littéraire.

Ils pressentiront, ou prépareront la suite : 1688 — 1830, le changement de dynastie. Manuel l’insinue en plein parlement !.

Locke le théoricien des révolutionnaires de 1688, Montalembert l’étudie un peu (son Conduct of understanding notamment) ?, et tient compte de « l'immense considération politique » dont il jouit encore en Angleterre soumise alors à une vigoureuse poussée libérale.

Canning représente celle-ci, maître du Foreign Office que les tories ont dû lui confier. Montalembert admire fort son énergie 4, son intelligence supérieure, sa politique de soutien donné aux rebelles grecs. N’engagea-t-il pas d’outre-tombe la flotte de Sa Majesté à Navarin, ce dont demeura stupéfait Wellington devenu premier ministre ?

Le vainqueur de Waterloo se trouvait à cette date en face de cette fameuse question de l’émancipation des catholiques, dont Montalembert tire argument pour démontrer l’évident intérêt que présente pour le catholicisme le triomphe du libéralisme.

-Montalembert atterrit en Angleterre, tout yeux pour examiner les résultats de la victoire de l’Association catholique, juste au moment des Trois Glorieuses. Les répercussions de la révolution française y furent d’autant plus ressenties que Guillaume IV venait de succéder à son frère. Les journées de Juillet ont mis en mouvement «tout ce que la démocratie et le radicalisme ont de plus bas en Angleterre » 5, écrit Montalembert, de Londres, dès le 19 août. Plus profondément dans le Correspondant du 16 novembre 1830, Montalembert étudiera l'agitation qui trouble l'Angleterre, qui amènera les whigs au pouvoir et provoquera en 1832 le vote de la réforme électorale.

Montalembert détermine les éléments en présence et les classe selon le vocabulaire en usage. D'où le titre de l’article:

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