‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 81 sur 394 · Lettres à un ami de collège : 20 septembre 1827, P · texte numérisé non relu

Lettres à un ami de collège : 20 septembre 1827, P

5. Cité par Mie de Lallemand : Montalembert et… l'étranger, p: 19.

Du Mouvement et de la Résistance en Angleterre 1. Montalembert remarque la disparate des forces qui constituent le mouvement : la première étant la populace, auprès de laquelle celle de nos faubourgs est idéaliste, la seconde les manufacturiers et leurs ouvriers atteints par la paralysie économique ; la troisième est la presse, alors fort déconsidérée, la quatrième la petite bourgeoisie. De parlementaires, peu : seulement quelques excentriques. Et Montalembert de prédire que la position du duc de Wellington, tory modéré, étant la seule raisonnable, il doit triompher de la crise imminente. Ce pronostic est déjoué par les faits. Dans l’article suivant (23 novembre) ?, Montalembert attribue cela à la maladresse de Wellington et pense que lord Grey, le vieux chef whig, sera « après quelques semaines de popularité obligé de chercher les mêmes appuis et de proclamer les mêmes principes que son prédécesseur ». Ces appuis, le parti de la résistance, sont l’objet de ce second article consacré à l'aristocratie. Les pairs ou Lords, souvent médiocres, représentent la gentry qui, elle, est presque entièrement maîtresse du sol, l'intégrité des domaines et des fortunes étant maintenue par la loi de primogéniture : la gentry possède tous les pouvoirs provinciaux et cantonaux « que nos lois attribuent aux préfets, aux conseillers généraux, aux tribunaux de première instance, au ministère public et aux commissaires de police ». Ces « vingt mille familles conservent le dépôt héréditaire » des croyances et traditions antiques, la gentry « s'appuie à son tour sur l’élite de la population agricole, sur la yeomanry », petite aristocratie des fermiers. Cette «triple aristocratie », presque invincible en politique, est d’autre part armée et assure l’ordre dans le pays ; elle fournit aussi les cadres militaires de ces troupes de métier toutes dévouées à leurs chefs. Enfin elle est unie à l'Église anglicane. Si elle consent à sacrifier un peu les « revenus exorbitants » de celle-ci à la démocratie, elle sauvera « l’imposant édifice de son pouvoir, seul et magnifique débris de cette féodalité du moyen âge ai a civilisé et conquis l’Europe » #.

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