‹ Le romantisme politique de Montalembert avant 1843Chapitre 92 sur 394 · Lettres à un ami de collège : 8 mai 1829, pp. 1or et · texte numérisé non relu

Lettres à un ami de collège : 8 mai 1829, pp. 1or et

non reçus, dont cent vingt-sept de nouvelle noblesse, et quatorze pairs ecclésiastiques ; sur les trois cent vingt et un pairs actuels, cent trente-huit propriétaires et cent quatre-vingttrois fonctionnaires des ordres ecclésiastique, judiciaire, civil, militaire ou de la Maison du Roi 1.

La figure de la France politique a retenu d’autant plus son attention que Montalembert en sa noblesse d'âme et son juvénile mépris des contingences est écœuré par la « cuisine » des politiciens. Il a « honte d’en parler ». La double nomination de Portalis et Bourdeau, remaniement consécutif au départ de la Ferronnays, met, selon lui, le comble à l'impuissance ministérielle. Et voici qu’une accusation est portée contre Peyronnet, ministre de Villèle, pour des réparations irrégulières à l'hôtel de la Chancellerie. Quelle misère, cette histoire de salle à manger ! L’on s’y attache et l’on demeure coupablement indifférent aux questions majeures, à la marche de la Russie et de l'Angleterre. Une seule chose console Montalembert, «le magnifique rapport du duc de Broglie à la Chambre des Pairs sur les tribunaux militaires. » Le duc est, conclut-1l, «certainement le premier de nos hommes d'État...?: d'une « haute capacité politique », affirme-t-il au baron d’Anckarsvärd *. D’Herbelot répond pertinemment à des plaintes analogues que la carence est normale d’une majorité qui « a servi alternativement les gouvernements les plus contraires, et, de toute cette fantasmagorie politique, n’a rapporté qu’un invincible dégoût pour les principes et les théories 4 » ; il réclame des hommes nouveaux.

Les quatre amis, Montalembert, Cornudet, Rio et d’Herbelot poursuivaient leurs discussions sur la religion d'État — et Montalembert de soutenir « qu’une société qui aurait la conviction que la religion catholique est seule véritable, aurait le droit de décréter la liberté des autres cultes 5 ». Montalembert s’indigne de la loi interprétative du sacrilège : «Quand

1. Lettre à Anckarsvärd : 24 avril 1830. Revue d'Histoire diplomatique citée.

2, Lettres à un ami de collège : 15 mai 1829, pp. 194 et 195.

3. Lettre à Anckarsvärd, Revue d'Histoire diplomatique, p. 27.

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