Revue d'Histoire diplomatique, citée déjà, p
tarés, abhorrés, etc., que Montalembert orna lui-même quatre ans plus tard de nombreux points d'exclamation 1.
Malgré ce dégoût, Montalembert, revenu à Paris depuis octobre 1829, avait donné ses impressions au baron d’Anckarsvärd, le leader libéral suédois : le 2 mars
s'ouvrira la grande lutte qui menace de compromettre la couronne et le pays. Dieu sait où cela nous mènera. Mais l’aveuglement du pouvoir est vraiment inconcevable. Il ne voit pas que l’abîme se creuse à ses pieds ; il ne voit pas que la défiance s’est mise entre le peuple et la dynastie. Voilà, il faut le dire, la grande plaie de la France, une défiance qui n’est que trop justifiée.
Quelques jours plus tard il avait écrit à Lemarcis son accord sur la nécessité de l’existence de la dynastie pour la prospérité de la France actuelle. Il croit fermement aussi cette existence menacée et compromise ?. La prévision est juste ; le réquisitoire suivant l’est moins, adressé le 10 février 1830 à Anckarsvärd : Polignac le courtisan est imposé à la France par Wellington, comme en 1815 le régicide Fouché. Abaissée à l’intérieur, notre nation riche, peuplée,ne se mêle plus dignement des affaires de l’Europe : « on nous offre, sans doute pour nous consoler de la Belgique et du Khin, une stérile et dangereuse expédition contre Alger », on légitime Don Miguel 3%. Dans la lettre suivante la critique continue, acerbe, contre le ministère : l’adresse des Deux cent vingt et un, Montalembert la regarde « comme le monument constitutionnel le plus imposant et le plus important qui ait paru en Europe depuis la Charte » ; aussi, malgré le manque d’entrain du parti libéral, Montalembert prédit qu’après la dissolution, non seulement les Deux cent vingt et un seront réélus, mais avec eux quarante ou cinquante opposants. Il espère que l'expédition d’Algérie « n’étouffera pas plus le mouvement populaire que ne le fit la victoire de Navarin lors des fameuses