III. VERS L'ACTION POLITIQUE
Le
Des passions qui poussent Montalembert, passions pour Dieu et son Église, pour la France et la liberté *, une résultante se dégage ; une position politique est maintes fois définie alors dans sa correspondance avec Cornudet. Elle est bien dans la même ligne que le puéril serment de fidélité à la Charte, ligne qui se maintiendra assez droite pour justifier l’appréciation complaisante de Montalembert finissant 4 et démentir, à tout prendre, les craintes de Montalembert adolescent, qui confiait sagement à Cornudet : « Je ne suis pas assez téméraire pour croire que pendant une vie entière on puisse rester fidèle aux opinions et aux sentiments qu'on a professés dans l’effervescence de la jeunesse » 5. Thureau- Dangin définit cette position : « à une époque où les catholiques se défiaient de la liberté tandis que les libéraux dédaignaient ou haïssaient le catholicisme, il se fait le serment d’être le champion de l’une et de l’autre »£.
Les textes suivants se répètent un peu, mais prouvent l’insistance de leur auteur : « Nous saurons vivre pour la liberté ét la patrie, et peut-être plus facilement mowrir pour elles »? ; «le vrai Français sera peut-être obligé de monter sur l’échafaud pour la liberté, pour la patrie » 8. Voici la place de la reli-
1. Revue d'Histoire diplomatique, pp. 50-52 ; lettre du 22 novembre © 2. Journal : 23 octobre 1830.