‹ Le rosaire au soleilChapitre 9 sur 22 · LES MTSTÈRKS DOL-LOUI'EUX I · texte numérisé non relu

LES MTSTÈRKS DOL-LOUI'EUX I

les Campagnes pacifiées que des gens heureux sous des roses.

Et, tandis que Dominica poursuivait la haute pensée de Pascal, c'était bien une rose qui éclosait dans la nuitavec lenteur sousun souffle séraphique. Elle s'épanouissait au milieu d'une haie, comme tant de ses sœurs déjà se sont ouvertes depuis ce jour de fête où la création se dressa ainsi qu'un reposoir. Cette rose se déployait donc là, dans cette haie, non point au hasard comme les païens soutiennent, mais par un ordre de la Toute-Puissance, dans un objet prévu, à une heure déterminée. Et il est vrai que toutes choses ayant rapiporl entre elles, et enchaînement connu de Dieu, c'est à mesure que se déroulait le rosaire de la jeune iille que se déroulait cette rose. Un âns!;e soufflait sur elle le doux parfum de sa resftiration dont elle s'im[)rég-p.ait en cette nuit de fin d'octobre. Le calice verf s'était écarté d'abord à peine, laissant perL-r la gouUe de san^ des pétales pressés les uns sur les autres tellement qu'ils semblaient former un seul cœur sans divisions. Puis, sur le côté, l'un de ces pétales commença de montrer sa lèvre comme la

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valve mince d'un coquillage à moitié retenue par le sable. Sans doute la rose répondait-elle en silence, avec cette lèvre entr'ouverte, à la lointaine méditation de Dominica. Au mémoire qu'elle faisait de la funèbre nuit où régna l'horreur du délaissement et de la trahison, le Seigneur répondait par la création d'une rose. Là encore, séduit par la prière de ces deux jeunes cœurs, ne disait-il pas : « Laissez venir à moi les petits enfanis », en offrant à ceux-ci l'image la plus adoucie de la goutte de sang qu'il avait versée pour eux ?

Et cette rose, l'une des plus fraîches de l'arrièresaison, elle trônait maintenant dans cette haie, non pas dans une autre haie, dans cette haie qui séparait le jardin de l'oncle de Petit-Pierre du jardin d'un savetier. Et ce savetier avait une fille, Marie, de l'âge de Petit-Pierre. Et quand celui-ci, bien seul et bien angoissé comme Notre-Seigneur au Jardin des Olives, longea la haie, au matin, pour aller à l'école, Marie qui était de l'autre côté lui douna la rose.

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