LANDE
pigeon inoculé dans la masse des muscles pectoraux est mort au bout de trois jours ; tous ses organes fourmillaient de bacilles.
Il s'agissait donc bien d’un cas d’infection humaine par le bacille du rouget du porc. Seule cette transmission par le mouton semblait curieuse, mais le malade était formel ; il ne maniait jamais de viande de porc et affirmait s’être piqué avec un éclat d’os de mouton.
Par ailleurs MM. Reilly et Friedman, chez le malade guéri, au seizième jour après la contamination ont fait une inoculation intradermique de 1/10 cmc. de culture filtrée de cinq jours. Cette expérience est restée sans réponse, alors que l’inoculation de 1/10 cmc. de culture chauffée à 700 pendant une heure a produit dès le lendemain une petite papule rouge. 2
C’est alors que, pour renforcer la réaction, ils ont eu l’idée d’utiliser les endoprotéines du bacille du rouget, obtenues en broyant à sec des cultures de ce microbe suivant la méthode de: Besredka, endoprotéines d’une très grande richesse en antigènes spécifiques. Ils ont injecté dans le derme du malade, le 19€ jour après l’inoculation accidentelle, 4/10 eme. de ces endoprotéines diluées au tiers dans du sérum physiologique. Au bout de 24 heures s’est montré au point d'injection un placard érythémateux, du diamètre d’une ancienne pièce de 5 francs, avec papule rouge
eechymotique et saillante au centre.
Cette observation est la première où la transmis-
sion accidentelle du rouget du mouton à l’homme
ait été bactériologiquement démontrée.