‹ Le Rouget HumainChapitre 13 sur 45 · RAT · texte numérisé non relu

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Depuis, plusieurs autres cas de rouget ont été signalés. Weissenbach, Fernet, Martineau et Klotz ont rapporté en novembre 1934 un cas d’érysipéloïde après blessure par os de mouton. Voici cette obser-

vation résumée.

Une jeune fille se blesse au médius droit avec une pointe d’os d’un morceau de viande de mouton « avancée » qui lui servait d’appât pour la pêche aux écrevisses. Au 10 jour, apparition de l’érythème qui envahit l’index, le médius et l’annulaire, et se propage à la moitié externe du dos et de la paume de la main. Pas d’arthrite, ni de lymphangite, ni d’adénite.

Cette observation est intéressante par la longueur inu- : sitée de l’incubation : dix jours, et par la propagation rare à la paume de la main. L’agglutination fut positive à 1/75 quatre jours après le début de l’érythème, mais elle s’éleva

à 1/200 quinze jours plus tard.

Dans le cas personnel que M. Belgodère rapporte dans son Supplément à l'Histoire de l’érysipéloïde, il s’agit d’un homme de 35 ans, représentant à Paris d’une maison de charcuterie d'Alsace, qui est venu consulter parce que 4 à 5 jours avant, en manipulant des caisses de charcuterie, il s’est fait au pouce de la main droite une petite écorchure superficielle et insignifiante. Mais les jours suivants, autour de cette petite érosion, s’est développée une rou-

geur qui lui donne des sensations de cuisson et brûlure, en

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même temps que l’articulation phalango-phalangettienne du pouce devenait tuméfiée et légèrement douloureuse.

Au voisinage de la saillie formée par l’articulation métacarpo-phalangienne, on voit les traces de la petite blessure initiale : une macule rougeâtre de la dimension d’une lentille, entourée par une collerette épidermique, comme s’il y avait eu à ce niveau une bulle ou une vésicule. Autour de cette lésion centrale, la peau a une coloration presque normale, un peu plus jaunâtre cependant qu’à l’état normal. Mais il n’en était pas ainsi, paraît-il, au début de l’évolution : la petite écorchure initiale était entourée, dans son voisinage immédiat, d’une rougeur qui s’est effacée depuis, tandis qu’elle se propageait excentriquement. Du reste, dans cette zone l’épiderme ne diffère pas seulement par une teinte plus jaunâtre et plus terne de l’épiderme normal, mais aussi par un léger aspect chagriné et même par une faible ébauche de desquamation. Dans une troisième zone plus périphérique, on voit la peau prendre d’abord une teinte rose pâle qui s’accentue à mesure que l’on s’écarte du centre, pour devenir nettement rouge vif; enfin cette rougeur cesse brusquement et on se retrouve en peau saine. La phalangette du pouce apparaît rouge et tuméfiée ; l'articulation phalango-phalangettienne est légèrement gonflée, comme s’il y avait un léger épanchement hydarthrosique et ses mouvements spontanés et provoqués sont un peu sensibles, sans qu'il y ait cependant de douleur aiguë.

Par ailleurs on note une réaction ganglionnaire susépitrochléenne très nette, non douloureuse ; il n’y a pas de

réaction générale.

L’érythème disparut au bout de 10 jours. La tuméfaction de la phalangette persista quelque temps après la disparition de la rougeur, nettement constatable par comparaison avec le pouce opposé ; la sensibilité et le gonflement articulaires s’évanouirent aussi peu à peu, si bien qu’au bout de 15 jours il ne restait plus trace de ce léger accident.

Parmi les recherches de laboratoire entreprises, Fhémoculture, l'examen direct, l’inoculation à la souris sont restés négatifs ainsi que l’épreuve des précipitines et la déviation du complément. L’agglutmation a été positive au taux de 1/80. Enfin l'injection intra-dermique d’une goutte de culture de bacilles du rouget tués par le formol depuis 10 jours

a donné lieu à un érythème très net.

À l'étranger, des cas d’érysipéloïde ont été publiés en 1934 : en Suisse par Bachmann,en Angleterre par John T. Ingram.

Par ailleurs, on a rapporté plusieurs cas de rouget généralisé ou septicémique. Celui de MM. Fiessinger et Brouet est d’un intérêt capital. Nous la transcrivons textuellement ici (Presse médicale du 2 juin 1934) :

M. B..., âgé de 40 ans, d’origine italienne, exerçant la profession de frotteur, est envoyé en consultation par M. Lecœur, le 30 novembre 1933, pour des taches purpuriques bilatérales au niveau des pommettes et des oreilles, s’accompagnant d’un état général inquiétant, et dont il n’élucide pas la cause. Dans ses antécédents on ne trouve qu'une dysentrie contractée pendant la guerre; il n’a jamais eu de manifestation tuberculeuse ou syphilitique.

Lorsqu’on lui demande l’histoire de sa maladie, on apprend

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