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mêmes conditions que notre septicémique traité. Dans les 2 cas il n’y a aucune réaction.
Ces preuves bactériologiques et biologiques que nous avons eu la chance de pouvoir mettre en évidence nous ont fait instituer de suite un traitement sérothérapique associé à une transfusion sanguine. L’injection pendant 3 jours consécutifs de 100 eme. de sérum anti-rouget de l’Institut Pasteur donne d’excelents résultats. La température, qui avait atteint 3909 le 19 décembre tombe le lendemain à 370. Cette chute sera pratiquement définitive, la température se stabilisant entre 370 et 380,cependant que l’état général et l'appétit reprennent. Localement les signes s’améliorent, la tuméfaction des pavillons auriculaires diminue, le sillon d'élimination de la partie sphacélée devient très net ; on assiste les jours suivants à l'élimination des extrémités des oreilles, décollées, croûteuses, sanieuses et d’odeur fétide, laissant au-dessous d'elles des bourgeons charnus, rouges et saignants. Au niveau des pommettes il ne reste que 2 taches pigmentées, brunes, arrondies, avec légère infiltration des téguments. Fait curieux, au niveau de l’intradermoréaction, 1l existe la même pigmentation brunâtre, étendue.
Le 26 décembre, on note l'apparition d'accidents sériques du type urticarien banal avec température à 3802 et prurit intense. Les jours suivants, apparition de purpura au cours de cette éruption thérapeutique, et de vibices sur les trajets de grattage, tous signes qui traduisent l’altération encore importante de son état général, la lenteur de sa réparation sanguine.
Le 5 janvier, un nouvel examen du sang donne les chiffres
suivants :
Globules rouges ........ ERA 2.075.000 GORE DIARERN LE EL otn sun. 2.000 Polynucléaires neutrophiles.... 40% Polynucléaires éosinophiles ... 1 Polynucléaires basophiles .... 0
Grands mononucléaires ...... 7 Moyens mononucléaires .,.... : 1)
LES UNE Er ON), 1: ANNE ER 32 LE D EN ENT CE il
Le signe du lacet est positif.
Le 7 janvier notre malade désire quitter l'hôpital, pour achever chez lui sa convalescence. Il est encore très fatigué.
Le 10 janvier, il revient en consultation. On trouve de lalbumine en quantité importante dans ses urines. Jusquelà il n’en avait présenté que de façon transitoire, particulièrement au moment de son éruption sérique et en petite quantité. Pas de glycosurie. L'examen général ne révèle rien de nouveau. On lui prescrit le repos absolu en lui recommandant de se faire suivre médicalement.
Depuis lors nous nous perdons de vue. Son médecin traitant l observe chez lui à plusieurs reprises ; il est frappé de la persistance de l’anémie et de la faiblesse, etlui conseille en vain une nouvelle hospitalisation. A la fin du mois de janvier il présente quelques hémorragies gingivales. Le 4 février il décide lui-même d’entrer à nouveau à la Charité. En cours de route il est pris d’un malaise sur la voie publique et est transporté d'urgence à l’Hôtel-Dieu où il meurt quelques
heures plus tard. Il y eut opposition à l’autopsie.
Nous aurons constamment l’occasion, au cours de notre travail, de revenir sur cette observation
que MM. Fiessinger et Brouet ont intitulée : « Rou-
-PLO—
get du porc chez l'homme, à forme porcine el d'origine digestive ».
D'autre part, le professeur Klauder (de Philadelphie) a observé, en 1930 et 1931, un cas de rouget septicémique remarquable par sa longue durée :
Le malade était un confrère, un médecin de 54 ans, qui était allé à la pêclie aux écrevisses (comme dans le cas rapporté par Fernet). Il se servait comme appât de petits poissons, avec la dent d’un desquels il se fit une blessure insignifiante à l’index de la main droite. Deux jours plus tard, le doigt se mit à enfler, en même temps que le malade ressentait une sensation de brûlure, et une bulle hémorragique apparut au niveau de la blessure. Ceci se passait en août 1930, Au mois de novembre on constatait des placards érythémateux purpuriques, typiques, d’érysipéloïde, qui avaient envahi la totalité de la face dorsale de la main droite, s'arrêtant au poignet par une bordure nette ; cet érythème contourna la base du pouce, envahit la totalité de la paume de la main. Le tout accompagné de douleurs, de brûlures, d'incapacité de saisir les objets. Les placards d'érysipéloïde envahirent l’avant-bras, puis des traînées érythémateuses se montrèrent au-dessus du coude, au bras.
Une injection de sérum amena une régression momentanée des lésions, mais en février 1931, se produisit une recrudescence avec extension de l’érythème jusqu’à mihauteur de l'épaule ; douleurs dans le poignet et le coude. Au mois de mars, l’érythème envahit le dos, formant une grande plaque circulaire qui s’étend depuis l’épaule droite
jusqu'à la colonne vertébrale ; l'extension se fait aussi en
ee
“avant, jusqu'à l’abdomen en bas et la clavicule en haut Cet érythème présente toujours des limites nettes, onduleuses. L'auteur insiste bien sur l’aspect circiné des placards avec peau normale au centre ; on ne voyait pas, dit-il, de placards quadrilatères, rhomboédriques comme chez le porc.
Au mois d'avril, traînées érythémateuses autour du cou, placards circinés en demi-cercle sur la poitrine et le dos ; nouvelles traînées rouges aux fesses, au visage, au cuir chevelu ; toute la surface cutanée est envahie sauf les organes gémtaux. Ces manifestations éruptives ne s’accompagnaient pas de signes subjectifs, disparaissaient pour reparaître ensuite.
L'évolution se prolongea ainsi pendant de longs mois, s’accompagnant d’arthropathies multiples, de polyaodénopathies, de perte accentuée du poids ; le moral du malade était en outre tellement atteint qu’au bout de 29 mois, soit à la fin de 1932, il finit par se tirer une balle de revolver dans la région du cœur, et il succomba à une septicémie banale, consécutive à cette blessure.
‘ Voici maintenant quelles furent les recherches de laboratoire effectuées :
Cinq mois environ après le début de l'infection, le bacille du rouget put être extrait d’un fragment de peau excisé à la face antérieure du bras droit. Une culture de 48 heures de ce bacñle en hormone-bouillon fut injectée dans le péritoine de trois souris blanches ; deux de ces trois animaux moururent au bout de 96 heures ; la troisième survécut.
Quinze mois environ après le début de la maladie, un
fragment de peau fut excisé de nouveau et ensemencé, et la
eulture fut encore positive. Un centicube de culture de 48 heures en hormone-bouillon de cette peau tua au bout de 10 jours une souris injectée dans le péritoine. Dans le sang du cœur de cette souris, le bacille du rouget put être cultivé. Cette souche était donc beaucoup moins virulente que celle qui avait été obtenue par culture de la peau, 5 mois après le début de l’infection.
L’agglutination fut positive. La réaction de fixation du complément négative.
Les hémocultures, répétées plusieurs fois aux diverses époques de l’évolution, furent négatives; de même les recherches sur les coupes.
À l’autopsie on eut une surprise : 1l existait dans le foie un foyer cancéreux, mais limité ; il s'agissait de toute évidence d’un cancer primitif du foie à son stade de début et qui ne pouvait avoir eu aucune influence sur l’évolution de la maladie. Les autres lésions consistaient en placards nécrotiques du foie, tuméfaction et congestion des reins, inflammation chronique de la moelle, tuméfaction de tous les groupes ganglionnaires, mais il n’y avait pas d’endocardite.
Bien que le bacille n’ait pu être extrait du sang, le tableau clinique démontrait cependant une infection générale septicémique ; en faveur de celle-ci parlaient la diminution progressive des forces, et du poids, la fièvre persistante, les tuméfactions ganglionnaires, et les constatations histologiques.
Les thérapeutiques les plus variées furent tentées, entre autres :
Combmaison de vaccin et de filtrat du bacille du rouget
en injections sous-cutanées.
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Injection d’une substance spécifique soluble de polysaccharides du bacille du rouget.
Protéinothérapie aspécifique, avec vaccin antityphique intraveineux, avec du lait stérilisé.
Transfusion du sang avec le sang d’un donneur qui avait été atteint récemment d’érysipéloïde.
Les recherches comparées sur l'efficacité du sérum de malade, du sérum de cheval normal, et de l’immunsérum, montrèrent que le sérum de malade n’avait qu’une efficacité un peu plus élevée que le sérum de cheval. Par contre, l’immunsérum manifesta un degré d’efficacité assez accentué, si bien que l’on pouvait fonder sur lui un espoir de
guérison, si le malade ne s'était pas suicidé.
Enfin, Schreiner, en janvier 1935, a rapporté deux cas d’érysipéloïde à foyers multiples :
Une femme de 46 ans se blesse au médius gauche en tuant un porc ; quelques jours après, gonflement et rougeur violacée du doigt ; puis le lendemain, après un léger frisson, apparaissent une plaque arrondie, rouge violacée sur le front, grande comme une paume de main, et une conjonctivité aiguë de l’œil gauche. Le surlendemain, nouveau foyer à la nuque et au dos, accompagné de douleurs.
Ganglions axillaires gonflés, non douloureux.
Le diagnostic d’érysipéloïde fut confirmé bactériologiquement par l’examen de fragments de tissus excisés. Des injections de sérum anti-rouget amenèrent la guérison. Il est à noter que le mari de la malade eut également en même temps un érysipéloïde, sans doute d’origine identique, et qui
disparut sans traitement en huit jours.
. Le deuxième cas d’érysipéloïde a trait à une femme de 58 ans, qui présentait deux foyers distincts, l’un au pied. droit et à la jambe droite, l’autre à l’avant-bras droit.
L'auteur pense que les foyers multiples sont dus à la propagation du virus par les voies lymphatiques, sans mani-
festations visibles de la peau.
Telles sont les principales observations de rouget humain publiées en France et à l'étranger depuis 1933. Nous allons maintenant pouvoir reprendre, chapitre
par chapitre, l'étude de cette affection.