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IV. — Le rouget d'origine digestive

À l'étude des formes septicémiques de l’érysipéloïde se rattache la question du rouget d'origine digestive.

Nous avons vu, en envisageant l’étiologie de l’affection, qu’on avait observé des accidents consécutifs à l’ingestion de viande de porc insuffisamment cuite. Souvent, on avait eu la‘preuve que l’animal était atteint du rouget. Les accidents consistaient en vomissements, diarrhée, ictère, élévation thermique à 4r°.

D'autres fois, il s'agissait d'accidents chroniques,

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catarrhe intestinal avec ictère. On trouvait le bacille du rouget dans les selles.

C'est de la même étiologie que relève le cas de MM. Fiessinger et Brouct, dont nous avons intégralement transcrit l'observation, qui est unique en son genre.

On peut la schématiser ainsi :

Apparition, 24 heures après l’ingestion de petit salé, des accidents cutanés sous forme de taches rouges sur le tronc et les membres. Au 8° jour survient une arthropathie d’un genou; cette atteinte articulaire cède en 48 heures.

Puis, au 14e jour, une deuxième phase de la maladie se constitue : il apparaît sur le pavillon .des deux oreilles des hématomes au voisinage desquels la peau prend un aspect érysipéloïde. De plus, sur les deux pommettes, on constate un véritable purpura hématomique avec induration sous-dermique ; aux malléoles apparaissent également deux taches purpuriques.

Dans une troisième phase, les lésions locales régressent, mais des croûtelles noirâtres apparaissent au niveau des oreilles qui prennent un aspect nécrotique. L'état général s’aggrave, la température monte à 39°. On note une glycosurie temporaire. Sous l'in fluence de 3 injections de 100 cmc. de sérum antirouget, l’état s'améliore.

Dans une quatrième phase la fièvre tombe,la tuméfaction des oreilles diminue et on assiste à une élimination des escarres. Le malade sort de l'hôpital.

Le tout a duré plus d’un mois. Durant le mois qui

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suit, le malade revient consulter pour de l’asthénie persistante. L’anémie est marquée. Il existe une albuminurie importante ; des hémorragies gingivales se produisent. La mort survient subitement dans la rue.

Au cours de l’évolution de la maladie les examens bactériologiques montrèrent une anémie profonde avec leucopénie et mononucléose. Le temps de coagulation était normal. Le signe du lacet fut constamment positif, témoignant d’une fragilité capillaire manifeste.

Le microbe du rouget fut isolé par l’hémoculture, avec ses caractères culturaux classiques. Le bacille fut pathogène pour le pigeon, mais d’une faible vitalité, et d’une virulence atténuée pour la souris. L’intradermo-réaction pratiquée le vingt-quatrième jour avec l’endoprotéïine de Reilly fut franchement positive.

Nous verrons, en étudiant la pathologie comparée du rouget, à quel point cette forme clinique est calquée sur la maladie du porc, si bien que MM. Fiessinger et Brouet ont proposé de l’appeler la forme porcine du rouget humain.

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