TRAITEMENT
Nous possédons contrele rouget un médicament spécifique, le sérum de Leclainche, qui a fait largement les preuves de son efficacité entre les mains des vétérinaires, et dans un certain nombre de cas d’infection humaine.
C’est en 1898 que Leclainche utilisa le sérum de chevaux inoculés par le bacille du rouget. Il montra qu’en injectant dans les veines du cheval une première fois 50 à 100 centimètres cubes de bouillon, une deuxième fois 2 mois plus tard 200 à 300 centimètres cubes, on pouvait obtenir un sérum suffisamment puissant pour protéger le pigeon à la dose de 1 centimètre cube contre 0,5 centimètre cube de culture virulente. Schrapf et Fouquet formulent de la manière
suivante les règles à observer en thérapeutique humaine :
a) Pendant la période d'incubation : Verser le plus tôt possible sur la plaie suspecte quelques gouttes de sérum de Leclainche, et appliquer ensuite pendant deux à trois jours des compresses imbibées de sérum. L'évolution est arrêtée.
b) Pendant la période d’invasion localisée : Toposéro-
AT; : Pre thérapie : injections de sérum de Leclainche tout autour du foyer.
c) Période d’invasion générale : Injection massive de sérum de Leclainche sous la peau de l'abdomen. La dose, en médecine vétérinaire, est de 10 centicubes par 0 kilogrammes.Chez un homme de 65 kilogrammes employer 20 centicubes. Les accidents
généraux et locaux s’amendent rapidement.
L’auto-observation de Cauchemez illustre l’action de ce sérum, qui est un des plus actifs que nous ayons actuellement :
Le 19 mars 1925,deux jours après avoir fait l’autopsie d’un porc atteint de rouget, l’auteur présente au niveau d’une écorchure de l'index droit, à la base de l’ongle, un œdème rougeâtre, sensible, qui prend l’aspect d’une « tourniole ». Le lendemain, l’œdème s'étend, atteint la première phalange de l’index le 23. Le 28 mars — onze jours après la contamination — Ja rougeur ayant gagné la paume de la main, l’auteur se rend à l’{nstitut Pasteur, où des examens de laboratoire (demeurés négatifs) sont faits par Césari et Cotoni, et où il recoit 25 emc. de sérum antirouget sous la peau de l’abdomen. Six heures apres l'injection, la peau au niveau de l'injection est flétrie, le volume du doigt redevient presque normal. La rougeur s’atténue plus lentement, l’état général s’améliore et, le 17 avril, il ne subsiste qu’un
peu de rougeur.
Dans un cas de Schrapf et Fouquet, des accidents
me, septicémiques de la plus haute gravité ont totalement
rétrocédé en dix-huit heures. Des succès identiques ont été enregistrés par Balbi et par W. Richter dans
un cas d'érysipéloïde généralisé, et aussi par Schreiner dans un érysipéloïde à foyers multiples.
Cependant, beaucoup d'auteurs disent qu'il ne faut pas employer la sérothérapie dans les formes localisées de l’érysipéloïde, parce qu'elle risque d’occasionner des accidents anaphylactiques qui seraient plus graves que la maladie à laquelle elle s’adresserait. Il suffira dans ces formes localisées de se borner à quelques soins locaux : antiseptiques, émollients, résolutifs.
Comme antiseptiques, Sabrazès et Muratet signalent dans leur cas l'inefficacité de la teinture d’iode, tandis que les applications de compresses imbibées de solution de sublimé à 10/00 furent très efficaces.
Comme émollients, on pourra utiliser les décoctions de racine de guimauve.
Comme résolutifs, les pâtes de zinc, au goudron, à l'ichtyol.
On a conseillé aussi de faire sur l’érysipéloïde des pansements au sérum anti-rouget.
Mais les soins locaux et les injections de sérum autour du foyer devront toujours être accompagnés, dans les formes septicémiques et même dans les formes localisées s'il existe une réaction générale importante, d'injections sous-cutanées de sérum de Leclainche à la dose moyenne de 25 centimètres cubes.
Enfin, signalons que Muhlpfordt, et à sa suite
ice
Klauder, Richter, Harkins, Geiritz, ont eu à se louer des rayons ultra-violets.
Mubhlpfordt fait des séances de 15 à 20 minutes, avec irradiation à courte distance, 20 à 30 centi-
mètres. Il suffit de deux séances, tout au plus de six.